réflexion compagnons 9
TROIS THÈMES pour un congrès
Vous n ’ êtes pas sans savoir qu ’ en cette période de crise sanitaire planétaire , le congrès des Compagnons menuisiers et ébénistes a été annulé . Or , pour le préparer , les itinérants et les anciens avaient réfléchi à divers thèmes que nous souhaitions y aborder : l ’ environnement , l ’ innovation technologique et les réseaux sociaux en rapport avec le métier . Afin que leurs efforts n ’ aient pas été vains du fait de la situation , en voici donc une synthèse .
M ais avant tout , et comme le veut l ’ usage , je vais remercier chaleureusement tous les pays de Saint-Étienne , Nantes , La Roche-sur-Yon , Labbeville , Rennes , Trégueux , Saint-Avé , Paris et Dijon qui ont produit un travail appréciable , tant par sa qualité que par sa diversité . Vous trouverez d ’ ailleurs dans ce résumé certains paragraphes issus de leurs travaux qui nous ont paru d ’ une telle justesse , que les retravailler s ’ est avéré inutile . Ces passages sont en italique et les auteurs cités .
L ’ ENVIRONNEMENT Commençons par l ’ environnement avec pour question : quel est pour vous l ’ objectif et / ou la priorité de notre métier en termes d ’ écoresponsabilité ? Pour la plupart , les pays ont relevé les dysfonctionnements et les points à améliorer de notre mode de travail occidental : l ’ empreinte carbone induite par l ’ import et l ’ export de matériaux et d ’ ouvrages , la consommation énergétique de machines-outils et de véhicules toujours plus perfectionnés et imposants , le manque de recyclage ou de réutilisation de matériaux et de produits ainsi que leur nocivité furent les points les plus souvent évoqués . De sérieux progrès restent à faire si nous souhaitons laisser une planète un minimum saine aux générations futures : en 2012 , les activités du BTP en France ont généré 246 millions de tonnes de déchets , soit près de 75 % des déchets totaux produits dans notre pays 1 ! La majorité des pays
Fixation d ’ un gabarit d ’ usinage sur un centre d ' usinage à la Fondation de Coubertin .
ont mentionné l ’ économie circulaire comme première solution . « Cette démarche […] vise à ce qu ' il n ' y ait pas de déchet , à ce que tout soit réutilisé . […] On parle d ' écoconception qui consiste à prévoir dès la fabrication des produits , la possibilité de réparer et / ou de réutiliser les matériaux qui les composent . » ( Équipe de Labbeville ).
Beaucoup ont conclu qu ’ il fallait favoriser les circuits courts tant sur l ’ approvisionnement en matériaux qu ’ en termes de proximité avec la clientèle pour réduire au maximum l ’ empreinte carbone . Mais , « cette économie dépend de la spécification de nos secteurs d ’ activité », relève l ' équipe de Trégueux . En effet , les pays ont pertinemment argumenté qu ’ il était plus aisé pour un artisan travaillant du massif pour une clientèle particulière circonvoisine de se fournir localement en bois indigène et de limiter ses déplacements et ses intermédiaires ( d ’ autant que les quelques déchets issus de la production ont vite fait de se retrouver dans le poêle de l ’ atelier , le chauffant ainsi à moindre coût ) qu ’ un gros agenceur important des panneaux dérivés du bois dont la production est polluante . L ’ idéal serait de ne s ’ approvisionner qu ’ en circuit court ou de recycler l ’ intégralité de nos déchets . Est-ce seulement possible ? La majorité des entreprises traite aujourd ’ hui ses déchets chimiques en les confiant aux organismes compétents , mais il y a moins de rigueur quant aux dérivés du bois .
© Thierry Caron / Divergence .
# 297 / Juin 2020