Yalla Shabab | Page 57

56 bousculent. En cherchant des cadeaux à ramener à notre famille, on s’ arrête dans une boutique d’ impression de T-shirts. Les motifs affichés devant la boutique sont pro-israéliens, ou alors portent un message de résistance très édulcoré. Le vendeur nous explique qu’ il ne veut pas être obligé de fermer boutique pour provocation mais sort de derrière son comptoirs des tas de dessins patriotiques pro-palestiniens, parfois plutôt violents!
Après être aller prier à la mosquée al-Aqsa, je rejoins avec Omar des jeunes palestiniens de l’ école coranique que l’ on vient d’ apercevoir. On court pour les rejoindre. Ils jouent au foot sur l’ esplanade des Mosquées. Omar me dit: « Prend-le en photo ça, c’ est important ». On discute un petit peu, ils réorganisent les équipes puis on commence à jouer. Ça dure une bonne dizaine de minutes. Là un militaire israélien arrive et prend le ballon. C’ est la fin de la partie. Un autre militaire intervient en notre faveur mais le premier est vraiment trop borné. Il est agacé que l’ on puisse s’ amuser. Les palestiniens ne peuvent pas profiter de ce genre de moment simple de bonheur, ils en sont empêchés. C’ est injuste. Il s’ est arrêté de pleuvoir. On les remercie, puis on part.- Raphaël- temoignage
Carnet de voyage

56 bousculent. En cherchant des cadeaux à ramener à notre famille, on s’ arrête dans une boutique d’ impression de T-shirts. Les motifs affichés devant la boutique sont pro-israéliens, ou alors portent un message de résistance très édulcoré. Le vendeur nous explique qu’ il ne veut pas être obligé de fermer boutique pour provocation mais sort de derrière son comptoirs des tas de dessins patriotiques pro-palestiniens, parfois plutôt violents!

Dans le quartier musulman, on s’ assoit dans un coin pour piqueniquer, le coin en question est en fait pile en face de l’ entrée d’ une colonie. Pendant notre repas, on voit défiler les colons, armés. Nous n’ avions pas remarqué la ribambelle de drapeaux israéliens en arrivant. Nous sommes aussi témoins d’ une dispute entre des soldats israéliens et un vendeur palestinien, sans comprendre à propos de quoi.
On hésite à porter des kéfiés. Jérémie en met finalement un pour se protéger de la pluie et un soldat ne tarde pas à nous arrêter pour lui demander sa nationalité et s’ assurer qu’ il n’ est pas musulman. Il dit à Jérémie d’ enlever son kéfié.
Toujours la mauvaise file!
Sur l’ Esplanade des mosquées, on se retrouve tous par hasard, c’ est la joie! On se raconte nos découvertes et on fait mille photos, tous fiers devant la grande coupole dorée du Dôme du rocher. Au retour, après un dernier dîner, nous partons bien en avance pour Tel-Aviv avec un minibus de la Maison d’ Abraham, en prévision de tous les contrôles qu’ on s’ attend à subir et ça ne loupe pas. Avant même l’ arrivée à l’ aéroport Ben Gourion, nous avons eu un contrôle des passeports et des bagages. Mais c’ est dans l’ enceinte même de l’ aéroport que nous subissons de nouveau des questions et des fouilles invasives des bagages et des personnes. On passe plusieurs contrôles, et à chaque fois on est redirigé vers une autre file, toujours la « mauvaise ». On est fouillé jusqu’ entre les orteils. Deux des jeunes filles ont subi une fouille corporelle en cabine ressentie comme particulièrement humiliante. On nous demande plusieurs fois si c’ est bien nous sur la photo de notre passeport. C’ est un soulagement quand on décolle enfin pour Istanbul puis Toulouse.
C’ est à l’ arrivée que beaucoup ont constaté que leur valise avaient été fouillée, des objets étaient cassés et des produits avaient disparu! Certaines valises sont carrément arrivées quelques jours plus tard.
Rencontre sur l’ esplanade des Mosquées

Après être aller prier à la mosquée al-Aqsa, je rejoins avec Omar des jeunes palestiniens de l’ école coranique que l’ on vient d’ apercevoir. On court pour les rejoindre. Ils jouent au foot sur l’ esplanade des Mosquées. Omar me dit: « Prend-le en photo ça, c’ est important ». On discute un petit peu, ils réorganisent les équipes puis on commence à jouer. Ça dure une bonne dizaine de minutes. Là un militaire israélien arrive et prend le ballon. C’ est la fin de la partie. Un autre militaire intervient en notre faveur mais le premier est vraiment trop borné. Il est agacé que l’ on puisse s’ amuser. Les palestiniens ne peuvent pas profiter de ce genre de moment simple de bonheur, ils en sont empêchés. C’ est injuste. Il s’ est arrêté de pleuvoir. On les remercie, puis on part.- Raphaël- temoignage