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Carnet de voyage
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Jour 13: lundi 31 octobre
L’ auto-tamponneuse émotionnelle
Imaginez-vous une fête foraine. Vous avez gagné un jeton magique qui vous donne droit à 18 heures d’ autos tamponneuses. Génial? et bien non... Chocs, chocs, chocs! Choc de laisser nos amis, choc de découvrir un aspect invisible de Jérusalem, choc face au discours politique de la France, choc face au courage d’ un Israélien qui a choisi de défendre l’ idée d’ une Palestine libre.
La déchirure
Nous nous réveillons difficilement. En plus de la fatigue, nous savons qu’ aujourd’ hui est le jour de séparation avec les Jalbounais. Nous petit déjeunons calmement dans la salle à manger de la guest-house de Ramallah. Nous avons une belle vue sur la ville; une grande mosquée trône en face de l’ immeuble où nous sommes, un marché de fruits et légumes fourmille à nos pieds. L’ ambiance du groupe est particulière, car chacun sait que nous allons bientôt nous quitter.
Palestiniens et Français, nous sommes désormais un même groupe, unis par des liens d’ amitiés qui nous semblent à cet instant impérissables. Nous partons pour le check-point de Qalandiya, au nord de Jérusalem, où nous repasserons de l’ autre côté du Mur. Ce moment dans le bus d’ Abu Antar est précieux, il nous chante « Min Faransa la Falestin, wasalna bi tayyara »( de la france à la palestine, nous sommes arrivés en avion) une dernière fois. Arrivés à Qalandiya, c’ est la déchirure. Les mots paraissent impuissants à décrire cet instant. Le désespoir de voir le mur, la tristesse de quitter nos amis, l’ injustice de savoir qu’ ils n’ ont pas le droit de continuer le voyage à nos côtés; tout se fracasse en nous. La quasi-totalité du groupe est en larmes. Nous laissons les Jalbounais derrière les grilles bleues du check-point, passons les contrôles israéliens sans difficultés et partons en bus pour Jérusalem.
« Min Fransa la Falestin, wasalna bi tayyara »
Jérusalem je t’ aime
Il est un peu plus de 11h quand nous y arrivons. Nous laissons nos valises à Jean, qui se charge de les amener à la Maison d’ Abraham, et nous partons à pied dans les rues de Jérusalem-Est en direction du Centre culturel français. Nous y rencontrons Mohammed Mustapha, membre de l’ association « Diwan », qui sera notre guide pour l’ après-midi. Parfait francophone, diplômé en histoire des religions, il est un fin connaisseur de cette ville dont il est natif. Il nous expose dans le jardin du Centre, avec des croquis esquissés dans la terre battue, les origines et l’ histoire du peuple palestinien. Son discours, d’ une grande érudition, nous fournit également une pléthore d’ informations sur les trois religions monothéistes.
Nous partons vers la vieille ville. Ce cœur du monde, d’ une richesse historique incommensurable, sert de support à notre guide, qui rebondit sur la moindre pierre pour nous raconter une anecdote d’ ordre religieux, politique ou historique. Nous le suivons à travers les ruelles denses où nous croisons une foule hétérogène, composée de touristes occidentaux, de Palestiniens vivant en Israël, de juifs en