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Carnet de voyage
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bus est euphorique, liant musique à fond, clappements de mains et rires aux éclats. L’ arrivée à la salle des fêtes est un rêve, une entrée au pays des mille et une nuits.
« Les strass et les paillettes inondent la pièce »
Certaines femmes sont très maquillées et habillées de robes aux décolletés vertigineux, tenues qui seraient presque choquantes en France. Les couleurs, flashy et satinées, les strass et les paillettes inondent la pièce. Les seuls hommes admis sont les jeunes garçons et le marié. La musique est assourdissante. « Les filles nous invitent à danser, nous guidant pour les pas, et nous présentent leurs connaissances. Elles nous prennent en charge avec une grande bienveillance. Au-dessus de la salle des fête, il y a une grande demeure où la maîtresse de maison nous offre à toutes le thé sans nous connaître. Nous montons encore et découvrons le toit, qui est un étage en construction. Nous l’ avons observé à de nombreuses reprises ici: les Palestiniens se laissent la possibilité d’ élever leurs maison au cas où leur famille s’ agrandirait. Le toit où nous sommes ouvre sur l’ horizon sec d’ un magnifique coucher de soleil. Nous sommes heureuses d’ être ensemble ».
Deux à un!
De leur côté, la fraction masculine du groupe se retrouve dans la cour du collège. Tous les garçons du village semblent s’ être donné rendez-vous ici: le foot est clairement le sport hégémonique du village, « Nous formons une équipe de cinq joueurs et affrontons celle des Jalbounais. Ils jouent très bien. Trop bien. Malgré l’ ouverture du score par Raphaël, qui marque l’ unique but français du match( et peut-être même de l’ histoire de
Jalboun), nous quittons le terrain sur une défaite de 2 à 1 ». C’ est un moment de partage fantastique. Le sport, comme la musique, nous apparaît ici comme une langue universelle qui transcende les cultures et rassemble les peuples. « Nous quittons nos nouveaux amis et retournons à la Beit pour y retrouver les filles ».
Sortie dans la Palestine nocturne
De nouveau réunis, nous partons rapidement pour la mairie de Jalboun. Nous y rencontrons les membres de la nouvelle équipe municipale. Celle-ci a été nommée par l’ Autorité palestinienne après l’ annulation des dernières élections municipales, qui n’ ont pu se dérouler suite à un désaccord avec le Hamas. Nous leurs présentons notre projet puis nous repartons en bus, cette fois pour l’ Université Arabe-Américaine de Jénine, où nous allons voir le concert d’ un groupe palestinien. Progressant au travers des lumières de la Palestine nocturne, le bus est totalement saturé de chants et de danses. L’ ambiance est électrique. À notre arrivée, le nombre de personnes dans les rues est impressionnant. Filles et garçons s’ y bousculent dans