Tropics Magazine #59 Tropics Magazine #59 | Seite 94

COVERSTORY 3°) Vous avez commencé votre métier de journaliste à Tropic FM, puis à la rédaction de Turbo sur M6, le journal du soir, puis celui de 12h45, ce fut ensuite “la plus belle Région de France”, qu’est ce qui est pour vous le plus grisant dans l’exercice de cette profession ? J’ai exploré tous les aspects ou presque de cette profession. En radio, en télé, en presse écrite. Sur le terrain, au contact des gens ou en plateau télé. Tout est intéressant, tout est grisant. C’est surtout enrichissant. Je me suis beaucoup amusée à Tropiques FM et à Turbo. J’y ai appris la rigueur, le devoir d’être objective et précise aussi. J’y ai compris la nécessité d’être bienveillante. J’ai en effet été joker du 19h45 avant d’être nommée au 12h45. J’ai su à ce moment- là qu’il me fallait dans la durée, incarner un journal. Un défi inespéré pour moi qui n’avais jamais oser rêver de présenter un JT, même si j’ai débuté comme ça en télé en 2000 sur une petite chaîne. 4°)Le JT a toujours été une grand messe que l’on suivait assidûment seule ou en en famille, les temps ont bien changé avec l’émergence des informations sur le web, quels est votre point de vue à ce sujet ? Les JT restent un rendez- vous pour les téléspectateurs, ils n’ont pas renoncé aux journaux télévisés, pour s’informer uniquement sur le net. Plus il y a de canaux d’information et mieux c’est de mon point de vue. Ce qui m’importe c’est que les citoyens soient mieux informés. Nous intégrons aussi internet dans nos journaux. Nous traitons l’info avec notre temps. C’est indispensable. 5°) On parle souvent d’un manque de représentation et de visibilité des noirs en général, dans les médias de l’hexagone, quelle est votre opinion là dessus ? En ce qui concerne l’info, c’est un débat d’arrière- garde pour moi. Depuis 1998 et le rapport sur les minorités visibles, l’avancée est considérable. Christine Kelly, Audrey Pulvar, Harry Roselmack, Sylvere- Henri Cissé, Ele Asu, Sophie Gastrin, Kady Adoum, Patrice Ferus, Samira Ibrahim etc... Je ne peux pas tous les citer, heureusement d’ailleurs, ça veut dire que la liste est longue. Il faut reconnaître que ça a bougé. Et je n’ai pas cité tous ceux qui font du divertissement. Les chaînes ont pris la mesure de l’absurdité. Les non- blancs étaient systématiquement évincés. Il faut que ça dure évidemment. Mais soyons clairs! Il n’y aura jamais 100% de noirs dans le Paf.) 6°) Vous êtes considérée comme une valeur sûre de la chaine M6, avez vous aujourd’hui d’autres projets avec cette chaine, ou avec d’autres? Avec d’autres chaînes, ce ne serait pas très sain quand même. Non , pour l’heure pas de projet précis. Ca bouge parfois en cours de saison. C’est ce qui s’est passé avec “La plus belle region de France”. Le 12h45 m’occupe déjà beaucoup. Honnêtement ça me va bien. J’ai exploré tous les aspects ou presque de cette profession. En radio, en télé, en presse écrite. Sur le terrain, au contact des gens ou en plateau télé. Tout est intéressant, tout est grisant. C’est surtout enrichissant 7°) Vous avez commencé très jeune en Guyane dans la presse écrite, est ce toujours une passion ? Oui, c’est la discipline noble la presse écrite pour les journalistes. Pour preuve, la référence reste Le Monde pour toute la profession. Je n’ai pas écrit d’articles depuis longtemps. Mais j’écris tous les jours le Jt. Ce serait difficile de me plaindre. 8°) Vous avez écrit une chanson pour la chanteuse Saya, et fait de nombreux concerts avec Dominique Panol et Thierry Fanfan, est ce là votre moyen de décompression, ou une véritable vocation. J’en ai écrit plusieurs même pour Saya, un duo sur l’avant- dernier album de Thierry Fanfant, idem pour Do Panol. Et beaucoup de concerts, en effet. C’est une vocation. J’écris des textes et je compose depuis toujours. Mais je n’ai pas choisi la facilité en explorant de front mes 2 passions, le journalisme et la musique. Pour être honnête, je ne pensais pas faire cette carrière- là en tant que journaliste. La vie est quand même joueuse. J’envisageais justement de prendre mon indépendance et de me consacrer uniquement à la musique lorsque la direction de M6 m’a proposé le JT. C’est pourtant bien plus exceptionnel et inaccessible de présenter un journal que de sortir un album... J’en suis la première surprise et j’honore la chance qui m’est donnée de faire ce parcours- là. Je suis trop perfectionniste et lucide pour m’exprimer en tant qu’artiste alors que je présente le 12h45. Ca créerait une confusion et le JT, tout comme mes chansons en pâtiraient. Chaque chose en son temps. Et je profite du temps justement pour peaufiner mon projet. page 57 | Issue #59