STUDIES ON THE ORIENTAL SOURCES AND HISTORIOGRAPHY IN ARMENIA (EARLY Ծր․Ամփ․վերջն1 a5 | Page 24
Mamikonian et au profit surtout des Bagratoun, qui, au cours du
IXe siècle, émergèrent comme batrik al-batârika [patrice des pat-
rices] équivalent arabe du titre d’ichkhan ichkhanats [prince des
princes], ou du grec archôn tôn archontôn [archonte des archon-
tes], mais aussi des Artzrouni et des Siouni, sans oublier l’appa-
rition de quelques nouvelles familles comme celle des Séwordik‛.
La réduction du nombre des tohm [lignages] fur alors un facteur
d’unification de l’Arménie. Dans la même période, les régions les
plus montagneuses, comme le Sasoun et le Mokk‛s, échappant en
partie à l’impôt califien, peuvent se prévaloir d’une certaine
indépendance. D’une manière générale, les nakharar, un moment
menacés, purent conserver leurs terres héréditaires, en échange du
paiement de l’impôt foncier, recevant confirmation écrite de
l’autorité arabe ; mais ils purent aussi accroître leurs domaines en
achetant leurs terres à des nakharar en difficulté politique. Con-
sidérés comme ahl al-‛ahd [gens du pacte], les princes arméniens
se voient reconnaître, par amân, leurs droits sur la terre, droits non
seulement de possession, mais aussi de propriété, avec droit de
transmission héréditaire (leurs terres, ont, alors le statut de terres
moulk, équivalant à l’ancien hayrenik‛ [terre patrimoniale]), et
capacité à acheter des terres. La hiérarchie « féodale » – admise par
les Arméniens – des nakharar et des azat – a son équivalent avec,
respectivement les appellations d’al-batârika (il s’agit du titre grec
de patrikios) pour les nakharar et d’al-Ahrâr pour les azat.
Les nobles arméniens, retranchés dans les forteresses de leur
gawaṙ [leur territoire] se comportaient comme les têr [les seig-
neurs] de leurs possessions héréditaires, ne se rendant qu’excep-
tionnellement dans une des capitales du califat.
Mais, si le respect de la part de l’autorité arabe, du droit de
propriété de la noblesse, se révéla un gage du maintien, sinon de
l’indépendance, du moins de l’autonomie des principautés de
Grande Arménie, en revanche la disparition d’un droit d’aînesse
plénier au profit d’un droit d’aînesse restreint – le gahérêts ichkhan
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