Petite Blacklist des bars Lillois
Il est difficile de trouver des informations
sur le harcèlement, les agressions sexuelles ou le
sexisme qui règne dans les bars et boîtes. Les
propos tenus dans cet article reposent donc
beaucoup sur les témoignages et observations de
ceux et de celles qui les fréquente, plus que sur
des rapports judiciaires. En effet, le système
judiciaire se retrouve souvent pointé du doigt pour
la manière dont il traite ces graves problèmes.
Dénoncer ces problèmes est nécessaire, c'est
pourquoi j'ai été amené à chercher sur internet et
à demander des informations aux client∙es des
bars et des boîtes de Lille, souvent confronté∙es à
ces injustices. De plus, beaucoup d'établissements
se font une publicité sexiste ou ont des exigences
dégradantes envers leurs employées.
Nous allons parler de certains de ces
établissements et des comportements sexistes ou
dégradants de la part des acteurs de ces soirées à
Lille.
Comme nous le savons déjà, certains
hommes profitent de ces soirées pour avoir des
remarques ou des comportements déplacés voir
destructeurs à l'égard des femmes... Et ce,
particulièrement dans les bars dansants et les
boîtes, qui permettent aux frotteurs et autres
pervers d'être en contact et d'agresser plus
facilement. Parfois, des crimes sexuels ont lieu
notamment à l'aide d'une drogue, le GHB. Celle-
ci est extrêmement facile à mettre dans un verre,
puisqu'il ne suffit que d'une seconde.
Je souhaiterais d’abord parler d'un
établissement qui n'est ni un bar ni une boîte,
mais qui a une certaine fréquentation, le
Bagelstein. Leur publicité est désastreuse, et,
sous couvert d'humour, remplie de sexisme voir
d'homophobie. En 2016, la chaîne de restaurant
utilisait des phrases comme « Il ne faut pas jouer
avec le cœur d'une femme, mais plutôt avec ses
seins, elle en a deux. », ou « Un homme
amoureux ne brisera jamais le cœur d'une
femme, mais plutôt son cul. ». Cette publicité a
fait scandale – à juste titre.
Mais rentrons dans le vif du sujet : les
bars et les boîtes.
La Plage, bar situé Rue Solférino,
utilisait comme décoration des guirlandes de
soutiens-gorges. De plus, un des serveur a
parfois des comportements déplacés à l'égard
des clientes. Il s'assoit avec elles et tente des
rapprochements physiques, en passant ses
bras autour de leurs épaules.
Au Basecamp, Rue Masséna, les
serveuses sont hypersexualisées dans des
tenues qui leur sont imposées par le patron de
l’établissement.
Au Zeppelin, Rue Solférino, plusieurs
témoignages me laissent penser que les cas
d'attouchements sont plus élevés qu'ailleurs.
Le Hall' princess, Rue d'Angleterre, a
accueilli récemment une soirée organisée par
l'APSYLE, une association de l'université
Lille 3. Des étudiant∙es ont rapporté que le
lendemain, beaucoup avaient du mal à se
souvenir de ce qu'il s'était passé la veille, et
soupçonnent d’avoir été drogué∙es au GHB.
Au Joy's Bar, une ancienne étudiante
m'a raconté que l'une des amies de son père
aurait été intoxiquée au GHB, et aurait repris
conscience dans la soirée, victime
d'attouchements de la part du patron de
l'établissement.
Enfin, le Smile, Rue Ernest
Deconynck, a un patron connu pour avoir
agressé sexuellement plusieurs femmes, en se
frottant à elles lors d'un « jeu » qu'il organisait
dans ce but. Il a écopé d'un mois de prison
avec sursis et d'une obligation de soin, mais
est toujours libre et peut potentiellement
continuer. Cette affaire est bien documentée
par la presse.
Voilà pour les exemples que j'ai réussi
à rassembler, mais il n'est pas exclu que je sois
passé à côté de beaucoup de cas similaires
concernant d'autres bars et boîtes. Cette liste
n'est donc certainement pas exhaustive, mais
elle donne déjà un aperçu de lieux sexistes ou
dangereux.
Nathan Nodimar
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