Semaine du féminisme journal | Page 11

Le Revenge Porn L’inégalité des sexes est sans doute née à l’apparition de l’agriculture, lorsqu’il a fallu gérer un grand nombre de ressources. Les tâches ont été réparties en fonction des capacités des individus, ce qui a donc séparer la société en deux, les hommes et les femmes. L’écart s’est creusé au fil des siècles, les femmes restaient au foyer, ou travaillaient pour presque rien, n’avaient pas le droit de vote, ne pouvaient ouvrir de compte à la banque… Une femme qui affichait ses pensées ou ses connaissances était très mal vue, certaines envoyées au bûcher, violées, injuriées… Aussi appelé Vengeance pornographique en français, le Revenge Porn consiste à se venger en rendant publique sur le web des contenus pornographiques incluant la victime dans le but de rabaisser et humilier. Ces contenus peuvent être réalisés avec ou sans l’accord de celle-ci. Il s’agit généralement de litiges dans un couple lors d’une séparation douloureuse. Les victimes du Revenge Porn sont à 90 % des femmes. Mais d’où vient ce concept de vengeance ? Les premières apparitions sont vues aux États-Unis durant les années 80 dans une magasine pornographique appelé Hustler. Cette revue contenait une rubrique où l’on pouvait trouver des photos de femmes nues qui étaient envoyées par les lecteurs accompagnées d’une description sur celle-ci. Une minorité de femmes envoyaient leur photo d’elle- même a contrario un bon nombre de celles-ci se sont retrouvées du jour au lendemain dans ce magasine pornographique à leur insu et beaucoup ont eu le courage de porter plainte. Depuis quelques années, cette pratique revient mais se modernise et s’accorde à notre époque. Tous les jours, sur les réseaux sociaux notamment Twitter, nous pouvons trouver des nues majoritairement ceux de femmes accompagnés d’une description des formalités à savoir sur celle-ci. Il existe même un site web ou nous pouvons trouver toutes les photos qui proviennent du Revenge Porn. Mais d’un point de vue juridique, comment pouvons-nous riposter ? Il y a-t-il des lois ? A la suite de nombreuses histoires de Revenge Porn sur les réseaux sociaux, la loi n°2016-1321 a été introduite dans le code pénale en octobre 2016 et ainsi par l’article 226-2-1 du Code pénal, la sentence lors de la diffusion de photos ou vidéos pornographiques à l’insu de la personnes se condamne à 2 ans d’emprisonnement et à 60 000€ d’amende. Comment faire face à une situation de divulgation de photos privées ? 10 Voici quelques formalités à accomplir lorsque vous êtes victime ou témoin du Revenge Porn : – Prenez des captures d’écran du contenu litigieux. – Bloquez le/les correspondant(s) malveillant(s). – Signalez le profil aux adresses suivantes : www.pointdecontact.net ou www.internet- signalement.gouv.fr – Il ne faut surtout pas rester seul face à la situation et parlez-en à une personne de confiance. – Portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie, captures d’écrans à l’appui, et accompagnez-vous, d’un ami de confiance pour avoir au moins un témoin de votre procédure. Il est à disposition un service de la Brigade numérique de la Gendarmerie nationale via le site de la brigade numérique de la gendarmerie. Mais qu’en est-il de l’aspect psychologique de la victime ? Le Revenge Porn est traité cas par cas, toutes les histoires ne sont pas les mêmes mais toutes ont le même impact psychologique sur les victimes. Nous avons souvent comme exemple de jeunes filles parfois prépubères qui se dévoilent et envoie leur corps à des hommes, inconnus parfois. Celles-ci sont très impactées psychologiquement et parfois ne sont pas prises au sérieux. Il y a-t-il un problème de confiance dans cette société ? Peut-être qu’il devrait y avoir plus d’aide pour ce genre d’incident ? Une sanction plus sévère ? Pour aller plus loin, les femmes peuvent-elles publier des photos d’elles dénudées, comme font les hommes, sans recevoir d’insultes ? Cette image du corps de la femme pourrait-elle évoluer au fil des années ? Clara Descharles