Le Revenge Porn
L’inégalité des sexes est sans doute née à l’apparition de l’agriculture, lorsqu’il a fallu gérer un
grand nombre de ressources. Les tâches ont été réparties en fonction des capacités des individus,
ce qui a donc séparer la société en deux, les hommes et les femmes.
L’écart s’est creusé au fil des siècles, les femmes restaient au foyer, ou travaillaient pour
presque rien, n’avaient pas le droit de vote, ne pouvaient ouvrir de compte à la banque… Une
femme qui affichait ses pensées ou ses connaissances était très mal vue, certaines envoyées au
bûcher, violées, injuriées…
Aussi appelé Vengeance pornographique
en français, le Revenge Porn consiste à se venger
en rendant publique sur le web des contenus
pornographiques incluant la victime dans le but de
rabaisser et humilier. Ces contenus peuvent être
réalisés avec ou sans l’accord de celle-ci. Il s’agit
généralement de litiges dans un couple lors d’une
séparation douloureuse. Les victimes du Revenge
Porn sont à 90 % des femmes. Mais d’où vient ce
concept de vengeance ? Les premières apparitions
sont vues aux États-Unis durant les années 80
dans une magasine pornographique appelé
Hustler. Cette revue contenait une rubrique où
l’on pouvait trouver des photos de femmes nues
qui étaient envoyées par les lecteurs
accompagnées d’une description sur celle-ci. Une
minorité de femmes envoyaient leur photo d’elle-
même a contrario un bon nombre de celles-ci se
sont retrouvées du jour au lendemain dans ce
magasine pornographique à leur insu et beaucoup
ont eu le courage de porter plainte. Depuis
quelques années, cette pratique revient mais se
modernise et s’accorde à notre époque. Tous les
jours, sur les réseaux sociaux notamment Twitter,
nous pouvons trouver des nues majoritairement
ceux de femmes accompagnés d’une description
des formalités à savoir sur celle-ci. Il existe même
un site web ou nous pouvons trouver toutes les
photos qui proviennent du Revenge Porn.
Mais d’un point de vue juridique, comment
pouvons-nous riposter ? Il y a-t-il des lois ?
A la suite de nombreuses histoires de
Revenge Porn sur les réseaux sociaux, la loi
n°2016-1321 a été introduite dans le code pénale
en octobre 2016 et ainsi par l’article 226-2-1 du
Code pénal, la sentence lors de la diffusion de
photos ou vidéos pornographiques à l’insu de la
personnes
se
condamne
à
2
ans
d’emprisonnement et à 60 000€ d’amende.
Comment faire face à une situation de divulgation
de photos privées ?
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Voici quelques formalités à accomplir
lorsque vous êtes victime ou témoin du
Revenge
Porn :
– Prenez des captures d’écran du contenu
litigieux.
–
Bloquez
le/les
correspondant(s)
malveillant(s).
– Signalez le profil aux adresses suivantes :
www.pointdecontact.net ou www.internet-
signalement.gouv.fr
– Il ne faut surtout pas rester seul face à la
situation et parlez-en à une personne de
confiance.
– Portez plainte au commissariat ou à la
gendarmerie, captures d’écrans à l’appui, et
accompagnez-vous, d’un ami de confiance
pour avoir au moins un témoin de votre
procédure. Il est à disposition un service de la
Brigade numérique de la Gendarmerie
nationale via le site de la brigade numérique
de la gendarmerie.
Mais qu’en est-il de l’aspect psychologique
de la victime ?
Le Revenge Porn est traité cas par cas,
toutes les histoires ne sont pas les mêmes mais
toutes ont le même impact psychologique sur
les victimes. Nous avons souvent comme
exemple de jeunes filles parfois prépubères
qui se dévoilent et envoie leur corps à des
hommes, inconnus parfois. Celles-ci sont très
impactées psychologiquement et parfois ne
sont pas prises au sérieux.
Il y a-t-il un problème de confiance dans cette
société ? Peut-être qu’il devrait y avoir plus
d’aide pour ce genre d’incident ? Une
sanction plus sévère ? Pour aller plus loin, les
femmes peuvent-elles publier des photos
d’elles dénudées, comme font les hommes,
sans recevoir d’insultes ? Cette image du
corps de la femme pourrait-elle évoluer au fil
des années ?
Clara Descharles