Chronique : Espace Méditatoire Pour Névrosés
La Société du Spectacle
Nazih Mohamed Zakari KOUIDRAT
Dans la chronique « l’Espace Méditatoire pour Névrosés », des résumés et des synthèses de livres
et d’essais sont exposés, dans l’intention de susciter et d’attiser la curiosité des étudiants envers le
domaine des Sciences Sociales. La présente contribution constitue une invitation à l’intention des
lecteurs à plonger dans une variété de sujets, susceptibles de véhiculer des éléments de réflexion sur
différents phénomènes de société.
Introduction
D
ans une société où règne l’image en maître, où la
vie de l’homme devient une caricature, le livre/
essai du « situationniste » Guy Debord est brû-
lant d’actualité. Il est néanmoins quasiment fastidieux
de comprendre son œuvre sublime et extrêmement
dense en une seule lecture, encore moins de la résumer
en quelques pages. C’est pourquoi nous implorons tout
à la fois l’indulgence et la compréhension du lecteur
face à cette tentative périlleuse de produire le présent
écrit qui demeure loin d’être global et exhaustif.
Elle se veut une première immersion dans la
pensée Debordienne, extraordinairement fertile qui
constituera, nous l’espérons, un prélude à des tenta-
tives ultérieures à la lumière d’une meilleure étude et
compréhension du sujet.
La séparation achevée
D’emblée l’auteur nous préserve de considérer le spec-
tacle superficiellement en le réduisant simplement aux
films, publicités ou autres médias.
« Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais
un rapport social entre des personnes, médiatisé par
des images. »
En effet, en s’affirmant à travers la somme des
moyens de communication de masse, le spectacle ap-
parait comme une séparation du monde en deux en-
tités, celle qui se donne en spectacle et celle qui la
regarde en l’occurrence le spectateur. La scission pro-
voquée s’auto-entretient en posant ipso facto le spec-
tateur comme inférieur et le spectacle comme son but
ultime, et son atteinte devient une condition nécessaire
et suffisante à l’accomplissement de soi.
Telle est la réalité du spectacle qui nourrit l’es-
pérance vaine de la réalisation du soi-même en abou-
tissant, en fin de compte, sur une réalité illusoire, une
véritable irréalité.
Il s’agit d’une illusion qui permet le rêve mais
interdit sa réalisation, l’individu est de ce fait noyé
dans la contemplation et l’admiration ; ce fétichisme
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de l’apparence dans la vie réelle, conduit à la suppres-
sion réelle de la vie.
Par ailleurs, l’antinomie entre le spectacle et
l’