Deux guerres déclenchées pour l’opium en
Europe
I
l est curieux de constater que dans beaucoup de films
ou bandes-dessinées, on représente toujours le trafi-
quant d’opium sous la forme d’un chinois, de préfé-
rence maigre, sans scrupule et prêt à tout pour vendre
son précieux sésame pour enrichir ses créanciers. Néan-
moins, cette image ne concorde pas tout à fait avec la
réalité, c’est même l’inverse qui se produit !
Au début du 19 e siècle, la dynastie Qing, qui gouvernait
alors la chine, s’opposait farouchement au commerce
de l’opium sur ses terres. Malheureusement, l’envahis-
seur Britannique et ses acolytes Français et Russes ne
virent pas les choses du même œil. La perspective d’un
commerce à croissance exponentielle et aux revenus
quasi-illimités ne les fit pas hésiter très longtemps avant
d’entreprendre tout ce qui était en leur pouvoir pour
faire plier les chinois.
C’est ainsi qu’ils déclenchèrent deux redoutables offen-
sives, en 1839 puis en 1856. Les chinois furent malheu-
reusement battus et les bourreaux, en plus d’imposer le
commerce massif de l’opium, en profitèrent pour faire
signer aux chinois nombres de traités inégaux et ga-
gner de multiples concessions. C’est ainsi qu’ils mirent
la main sur Hong-Kong et créèrent la banque HSBC
(Hong-Kong & Shanghai Banking Corporation).
Les shamans d’Amérique du Sud
D
ans l’Amazonie Indienne, les shamans font office
de guérisseurs depuis des millénaires. Leurs mé-
thodes visent à soigner l’âme du malade avec des
plantes psychotropes comme le tabac et l’ayahuasca.
Longtemps méprisée par l’Occident, cette mé-
decine parallèle commença à être sérieusement étu-
diée à partir de 1970, donnant naissance à une vague
de chercheurs, d’anthropologues, d’ethnologues, de
psychologues et d’ethnobotanistes n’hésitant pas à
consommer les substances pour mieux les comprendre.
Selon eux, les cérémonies mixées à la prise de puis-
santes herbes jouent un rôle dans la guérison.
Ayahusca, venant d’une fusion entre « aya ;
mort », et « husca ; liane », voit son usage remonter
à plusieurs millénaires dans la culture amazonienne
vénézuélienne, colombienne, péruvienne, bolivienne,
équatorienne et brésilienne. Utilisée seulement lors
de cérémonies religieuses, cette plante d’Amazonie
permettrait de rentrer en transe afin d’accéder à des
visions divinatoires, ou encore comme outil de purifi-
cation pour guérir certains traumas. Selon l’anthropo-
logue américain Michael Harner, leader du mouvement
de recherche, cette substance offre aux malades une
possibilité de se « réunifier avec soi-même » et de profi-
ter d’une sorte de « guérison cathartique » à travers des
hallucinations.
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Été 2018