90 DWM. M. Akanni et al.: Radioprotection 2026, 61( 2), 86 – 94 Fig. 4. Fréquence des examens de scanners adultes. T: traumatique, NT: non traumatique, TAP: Thorax-Abdomen-Pelvis. Fig. 4. Adult CT scan frequency.
Tableau 3. Longueurs d’ acquisition par type d’ examen scanographique chez les adultes dans les structures sanitaires du nord-Bénin en 2024. Table 3. Acquisition lengths by type of CT examination in adults in healthcare facilities in northern Benin in 2024.
Types d’ examen |
Moyenne |
Écart-type |
Min – Max |
Cérébral NT |
19,30 |
3,01 |
12,00 – 33,00 |
Cérébral T |
27,27 |
4,74 |
23,25 – 38,20 |
Lombaire |
34,11 |
6,48 |
10,20 – 64,41 |
TAP |
59,65 |
9,90 |
31,70 – 108,70 |
Abdomino-pelvien |
48,75 |
5,19 |
31,90 – 63,10 |
Angio-TDM thoracique |
33,26 |
4,77 |
21,30 – 54,60 |
Tableau 4. Valeurs médianes et 75 e percentile de l’ IDSvol total( mGy) et PDL total( mGy. cm) pour chaque type d’ examen effectué chez les adultes dans les structures sanitaires du nord-Bénin en 2024. Table 4. Median and 75 th percentile values of total CTDIvol( mGy) and total DLP( mGy · cm) for each type of examination performed in adults in healthcare facilities in northern Benin in 2024.
IDSV PDL
|
Med |
75 e per |
Med |
75 e per |
Cérébral NT |
61,58 |
85,08 |
1149,24 |
1149,24 |
Cérébral T |
40,61 |
56,49 |
1253,45 |
1512,60 |
Lombaire |
15,91 |
25,15 |
589,53 |
835,04 |
TAP |
34,40 |
56,15 |
1969,70 |
2927,17 |
Abdomino-pelvien |
42,40 |
56,60 |
1966,30 |
2797,65 |
Angio-TDM thorax |
42,86 |
54,80 |
992,45 |
1350,00 |
4.2 Dosimétrie
L’ analyse dosimétrique des examens tomodensitométriques réalisés chez les adultes montre une grande hétérogénéité des doses, tant entre les centres qu’ au sein d’ un même établissement. Cette variabilité peut être attribuée à plusieurs facteurs, tels que l’ absence de protocoles standardisés, la diversité des paramètres techniques employés( notamment le nombre d’ acquisitions et l’ épaisseur des coupes), ainsi qu’ à l’ absence fréquente de radiologues pour ajuster les examens en fonction des indications cliniques spécifiques. Par exemple, les scanners cérébraux non traumatiques ont présenté des doses significativement plus élevées dans certains centres, en raison de l’ utilisation systématique de multiples acquisitions et de coupes fines.
Concernant les enfants, les doses observées dépassaient largement les niveaux de référence diagnostiques( NRD) recommandés en France. Ce dépassement résulte de l’ absence de protocoles pédiatriques spécifiques, du recours systématique aux protocoles adultes et du manque d’ expérience du personnel dans la gestion des examens pédiatriques. Cette tendance est également rapportée dans d’ autres études africaines menées au Togo, au Burkina Faso et au Cameroun, alors que les études européennes et asiatiques rapportent des doses nettement inférieures( Tchaou et al., 2016; Tankoano et al., 2020; Mbozo’ o Mvondo et al., 2021; Muhammad et al., 2020; Bos et al., 2022).
La dispersion interquartile des doses mesurées était importante( jusqu’ à 2,51), ce qui reflète le manque d’ harmonisation des pratiques entre les différents centres. À titre de comparaison, une étude réalisée au Sénégal en 2021 a observé une dispersion plus faible( 1,33)( Ndong et al., 2021). En ce qui concerne les adultes, les doses des scanners du rachis lombaire demeuraient inférieures aux NRD français, tandis que celles des scanners cérébraux non traumatiques et des TAP dépassaient légèrement les valeurs recommandées, en raison de la fréquence élevée des acquisitions répétées.
Enfin, les doses observées pour les angioscanners thoraciques étaient supérieures aux NRD thoraciques standards. Cette différence pourrait s’ expliquer par les pratiques locales, où l’ examen est souvent précédé d’ un scanner thoracique standard pour détecter des lésions parenchymateuses, suivi d’ une acquisition stationnaire pour localiser les artères pulmonaires. Cette procédure entraîne des doses plus élevées que celles observées dans les pays européens( Van Der Molen et al., 2013: Aberle et al., 2020).