Pédagogie Urbaine dans les lieux communs MES ENSAB 2018 | Page 135

CONCLUSION Existe-il une pédagogie urbaine ? P eut-on parler de culture des masses dans l’espace public, dans le monde multiculturel d’aujourd’hui ? Dans les villes dont les habitants appartiennent à différentes cultures, le développement culturel homogène semble d’être impossible si ce n’est utopique. Comme le note Richard Sennett dans son livre La ville à vue d’œil. Urbanisme et Société : « Dans le monde réel, la première tentation de l’urbaniste confronté au fait de l’hostilité sociale dans la ville est de séparer de façon étanche les parties dissonantes, de construire des murs intérieurs plutôt que des frontières perméables. » 56 En effet, chaque culture laisse entendre ses propres obligations et ses propres traditions mais bien évidemment, en prenant la décision de se rendre dans un espace avec des représentants d’autres cultures, on accepte simultanément (et mutuellement) l’idée de respecter leurs traditions et pourquoi pas d’apprendre plus à ce sujet. Selon Louis Wirth la “juxtaposition de personnalités et de modes de vie divergents tend à produire un point de vue relativiste et un sens de la tolérance vis-à-vis des différences” 57 ; d’où l’intérêt d’organiser l’espace public de telles façons qu’il puisse permettre d’encourager l’échange entre les usagers, entre les habitants du quartier, les passants ou les individus qui travaillent dans la proximité. D’autre part, comme remarque François Jullien « Les écarts culturels sont des déploiements ouvrant de nouveaux possibles et découvrant d’autres ressources. Ils font sortir la culture de l’ornière de sa tradition, la pensée du 56 SENNETT Richard, La ville à vue d’œil. Urbanisme et Société, [1990], Editions Plon, Paris, 1992, 309 p., trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Dominique Dill, pages 241-242. 57 WIRTH Louis, l’Urbanisme comme mode de vie, [1938], repris in SENNETT Richard, La ville à vue d’œil. Urbanisme et Société, [1990], Editions Plon, Paris, 1992, pages 239-240 135