Pédagogie Urbaine dans les lieux communs MES ENSAB 2018 | Page 103

Après ces évènements de 2012, la mairie a investi dans le parc en réalisant des travaux d’ «embellissement » et de restauration de l’état existant : le parc est devenu ainsi un commun actif, que l’usager anime par sa présence. Nombreux sont ceux qui viennent ici pour passer leur temps sans but particulier. Nous pouvons donc constater et apprécier que les évènements passés ont créé un contexte particulier grâce auquel le parc de Missak Manouchian –appelé parc de Mashtots durant les manifestations- est devenu avec son ambiance et son histoire, un morceau de la mémoire urbaine pour la nouvelle génération post soviétique. L’autre point particulier de la pratique dans ce parc réside dans l’usage du café voisinant : nous pouvons constater que parmi les usagers qui viennent au parc, ceux qui fréquentent le café sont peu nombreux (s’agit-il de ce qu’on pourrait appeler un « boycott » ?). Il faut cependant remarquer que ce commun commercial est le seul sur le site qui offre un tel service. Ainsi, l’organisation spatiale et fonctionnelle du parc Missak Manouchian n’est pas très différente de celle du Parc des Fontaines aujourd’hui ; la plus grande différence étant l’absence de l’ensemble des Fontaines, qui manquaient d’approvisionnement en eau après la chute de l’empire soviétique. Mais du point de vue de l’animation et de l’usage, ce commun est devenu un lieu particulier dont le potentiel d’accueil est égal voir inférieur aux autres communs étudiés. Les bâtiments résidentiels construits récemment n’ont pas des rez-de-chaussée attirants et, étant souvent éloignés par les rue latérales, restent isolés de l’espace central. Sur le trottoir à l’opposé, l’hôpital Margaryan assure la présence de jeunes étudiants en médecine ou bien d’autres usagers dans le jardin. Et comme un rappel de l’existence de petits commerces, une petite boîte métallique de 3 mètres carrés (jadis une boutique alimentaire), nous « regarde » du côté de l’hôpital. Un autre rappel, cette fois-ci de l’époque plus ancienne, est la continuation du Boulevard Principal : il s’agit des cicatrices les plus douloureuses du paysage urbain de la ville et notamment du Boulevard Principal. Sur ce terrain entre les rues Yeznik Koghbatsi, Pavstos Buzand, Aram et Khatchatourian Abovian, nous pouvons encore contempler les 103