Pédagogie Urbaine dans les lieux communs MES ENSAB 2018 | Page 102
L’usager peut constater une telle rupture des communs en passant du
Parc des Fontaines au Parc de Missak Manouchian, où l’espace visuel se
prolonge partiellement à travers l’avenue Mesrop Mashtots. Cependant,
du point de vue de l’usage, traverser cette avenue n’est pas si évident ni
«fluide » car l’usager peut y rencontrer certaines diffi cultés : pour proposer
une « liaison » entre les deux trottoirs opposés, deux passages souterrains
parallèles continuent l’espace commun en offrant (au niveau -1) des locaux
commerciaux, qui se trouvent dans l’espace entre eux. Néanmoins cette
activité cachée ne permet pas d’ajouter de l’animation sur le Boulevard:
à force d’être ouverte durant la nuit – car il s’agit, sur cette tranche de
l’avenue, de la seule traversée autorisée – elle devient un lieu d’insécurité
et de d’insalubrité, ce qui diminue son usage durant la reste de la journée,
dans la mesure où les usagers préfèrent traverser directement l’avenue
ou bien anticiper en le faisant sur les carrefours avoisinants. Ainsi, nous
pouvons constater que, malgré leur but d’offrir une continuité de la balade
sur le Boulevard en créant des évènements spatiaux et des contacts
passifs, ces passages accentuent la rupture entre les communs.
Les sorties de passages ont été investies par des boutiques construites
au-dessus de la trémie des escaliers d’accès. L’espace même entre les
deux passages a été approprié par des particuliers qui y ont construit un
café avec des terrasses. En coupant l’espace observable du Boulevard,
ce café sur l’avenue est la principale barrière visuelle qui ne laisse que
deviner l’existence du parc derrière en mettant en avant la perspective de
l’avenue Mesrop Mashtots.
Ces constructions improvisées, qui ne suivent pas le plan directif
d’urbanisme, ont eu une influence importante sur l’image de ce parc:
elles peuvent même être considérées comme un des facteurs initiant
la volonté d’installer d’autres boutiques sur l’espace vert : le résultat
d’une telle volonté municipale a été la découverte -du jour au lendemain-
d’un chantier de constructions légères dans le parc, dont la réalisation
n’a été ni prévue ni annoncée publiquement. Toutefois, la lutte contre
cette démarche municipale a été productive : les usagers militants ont
empêché l’installation des deux alignements de boutiques parallèles à
l’allée centrale, qui devaient occuper toute la surface verte.
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