5. dAcRuZ:
-Peccadille. « Da Cruz, un artiste ultra local et multiculturel », dans Peccadille, 5 Août 2013, http:// peccadille. net / 2013 / 08 / 05 / da-cruz-un-artiste-ultralocal-et-multiculturel /:
« Da Cruz, enfant du XIXe arrondissement, colore depuis plus de dix ans les murs de son quartier en plein bouleversement social et urbain. Engagé sur ces problématiques actuelles, il a mis son travail artistique au service de la communauté multiculturelle qui habite l’ est parisien. De grands masques colorés Si vous vous êtes déjà baladés dans le quartier de l’ Ourcq( Paris XIXe arrondissement), vous avez sûrement croisé l’ une de ses œuvres: de grands masques colorés, des totems hiératiques et des figures sympathiques, un étrange mélange de diverses influences artistiques( notamment précolombiennes et africaines), le tout remarquablement réalisé sur le plan technique. Da Cruz, une figure du XIXe arrondissement Depuis 10 ans, à la faveur de grands plans d’ urbanisme, les abords du canal de l’ Ourcq se « boboïsent » à leur tour. L’ ancienne usine du chauffage parisien a été démolie il y a quelques mois, et va bientôt laisser place à de nouveaux logements. Les immeubles les plus insalubres sont désormais murés, attendant dans un futur proche les pelleteuses. Au gré des chantiers, la population change, et les habitants les plus précaires sont contraints de partir, chassés par une augmentation galopante du coût de la vie. Amoureux de ce quartier multiculturel où il a grandi, Da Cruz fait le constat de ces transformations urbaines et sociales. Soucieux d’ attirer l’ attention sur ce nouveau « Paris qui s’ en va », il a choisi son arme: la peinture. Da Cruz a peint les façades des immeubles murés, les parois des îlots voués à la démolition, les murailles qui encerclaient l’ usine, les contreforts du chemin de fer de la rue de l’ Ourcq. En enjolivant ces murs lépreux, ces témoins du Paris désormais d’ hier, il entendait leur offrir un ultime coup de projecteur avant leur disparition définitive; retenir une dernière fois le regard du passant sur ces bâtiments si familiers qu’ ils en étaient devenus invisibles. « Une thérapie par la couleur », en quelque sorte. Quand les pelleteuses sont arrivées, les riverains ont déploré la disparition des créations de Da Cruz et de ses amis graffeurs. Car leurs œuvres étaient devenues un véritable « patrimoine » commun, un fragment de l’ identité visuelle du XIXe. Appréciées des habitants du quartier, les œuvres de Da Cruz sont devenues un véritable patrimoine local. Il n’ est pas rare d’ entendre les passants commenter les dernières apparitions de ses masques. Parfois, la contemplation d’ une pièce pousse deux inconnus à engager le dialogue. C’ est exactement ce que l’ artiste recherche: susciter des réactions, créer du lien social, faire stationner les habitants dans un espace qui est le leur. C’ est aussi ce qui l’ incite à peindre en plein jour, comme au début du mois de juillet lors de l’ événement organisé par l’ association Cultures Pas Sages. Sept graffeurs s’ étaient réunis, le temps d’ un après-midi, pour orner de couleurs le long mur de la rue Germaine Tailleferre. Sur le trottoir, un petit attroupement s’ était formé, observant le travail en cours, discutant de la couleur des murs du quartier, des chantiers à venir, du prix de l’ immobilier. Et de l’ art. Ce samedi-là, étaient rassemblés des promeneurs du week-end, des riverains en famille, les personnes âgées de la maison de retraite voisine, des jeunes du quartier en vacances. Autant de gens, qui, d’ ordinaire, se croisent sans avoir l’ opportunité d’ échanger quelques mots. […] »
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