PixaRom N°3 | Page 69

BOUILLON DE PIXELS L a plus célèbre. La plus longue. La seule encore existante de nos jours, aussi. 65 volumes - dont deux inédits en France - qui ont fait la légende des LDVELH (oui, j’utilise un diminutif, sinon, je ne m’en sortirais pas). Créée en 1982 à l’initiative des anglais Steve Jackson et Ian Livingstone, avec le fameux Le sorcier de la montagne de feu, le succès est immédiat, grâce à des règles complexes pour l’époque, une haute difficulté, et surtout, cette sensation de se trouver dans une partie de Donjons et Dragons... la première édition, off course. Si elle est axée médiéval-fantastique dans sa grande majorité, elle a aussi touché la science-fiction, l’horreur, et même le post-apocalyptique. Car les Défis fantastiques sont des one-shot, c’est-à-dire des récits indépendants (sauf rares exceptions)... Même si un background général ressortira avec les années, pour plus de cohérences. Cela a permis à nombre d’auteurs de s’illustrer, car si Jackson et Livingstone sont à l’origine des premiers volumes, d’autres plumes vont venir se greffer, à l’image de l’autre Steve Jackson, l’américain - celui qui est connu pour avoir créé le jeu de cartes délirants Munchkin, Luke Sharp, Keith Martin, Andrew Chapman ou encore Jonathan Green. Si les règles pouvaient par moment changer, les bases restaient les même. Muni d’une paire de dés, d’un crayon et de votre feuille de personnage, vous deviez établir vos scores d’endurance, d’habileté et de chance. Avec ces trois données, vous deviez donc effectuer votre quête, en évitant les pièges, en résolvant les énigmes et en combattant une foultitude de monstres et autres personnages maléfiques. Les combats étaient très simples, puisqu’ils résultaient de l’addition d’un jet de dés et de votre habileté, pour vous et votre adversaire, et celui qui avait le score le plus haut infligeait des dégâts à l’autre. La chance vous servait soit à augmenter les dégâts, soit à les baisser, où à vous sortir de pièges mortels. Mais plus vous l’utilisiez, plus elle baissait. Enfin, si votre endurance tombait à zéro, l’aventure était finie. Cette série était réputée pour sa difficulté, pour plusieurs raisons. D’abord, les stats de départ se révélaient primordiales dans pas mal de volumes. Ensuite, le hasard avait tendance à trop venir s’immiscer, avec ses choix entre gauche et droite sans aucun indice, ses morts instantanées (parfois à cause d’un jet de dé malheureux sans rapport avec les stats !). Enfin, le style même pouvait être une source de difficulté. Il faut savoir que deux écoles d’écriture s’affrontaient : les récits à embranchements multiples, rendant la relecture intéressante, mais le récit plus court (et plus facile), et le « one-true-path », un livre qui n’offre qu’un seul chemin pour réussir l’aventure, le récit étant donc plus long... Et bien plus dur, surtout ! Les meilleurs volumes : ils se trouvent surtout dans les premiers tomes. Je vous recommande donc Le labyrinthe de la mort, Le manoir de l’enfer, La planète rebelle, La créature venue du chaos ou Le vampire du château noir. Binali PixaRom magazine    69