BOUILLON DE PIXELS
L
a plus célèbre. La plus longue.
La seule encore existante de
nos jours, aussi. 65 volumes
- dont deux inédits en France - qui
ont fait la légende des LDVELH (oui,
j’utilise un diminutif, sinon, je ne m’en
sortirais pas).
Créée en 1982 à l’initiative
des anglais Steve Jackson et Ian
Livingstone, avec le fameux Le sorcier de la montagne de feu, le succès
est immédiat, grâce à des règles
complexes pour l’époque, une haute
difficulté, et surtout, cette sensation de
se trouver dans une partie de Donjons
et Dragons... la première édition,
off course.
Si elle est axée médiéval-fantastique
dans sa grande majorité, elle a aussi
touché la science-fiction, l’horreur, et
même le post-apocalyptique. Car les
Défis fantastiques sont des one-shot,
c’est-à-dire des récits indépendants
(sauf rares exceptions)... Même si un
background général ressortira avec les
années, pour plus de cohérences.
Cela a permis à nombre d’auteurs de
s’illustrer, car si Jackson et Livingstone
sont à l’origine des premiers volumes, d’autres plumes vont venir
se greffer, à l’image de l’autre Steve
Jackson, l’américain - celui qui est
connu pour avoir créé le jeu de cartes
délirants Munchkin, Luke Sharp, Keith
Martin, Andrew Chapman ou encore
Jonathan Green.
Si les règles pouvaient par moment
changer, les bases restaient les même.
Muni d’une paire de dés, d’un crayon
et de votre feuille de personnage, vous
deviez établir vos scores d’endurance,
d’habileté et de chance. Avec ces trois
données, vous deviez donc effectuer
votre quête, en évitant les pièges, en
résolvant les énigmes et en combattant une foultitude de monstres et
autres personnages maléfiques.
Les combats étaient très simples,
puisqu’ils résultaient de l’addition d’un
jet de dés et de votre habileté, pour
vous et votre adversaire, et celui qui
avait le score le plus haut infligeait des
dégâts à l’autre. La chance vous servait
soit à augmenter les dégâts, soit à les
baisser, où à vous sortir de pièges mortels. Mais plus vous l’utilisiez, plus elle
baissait. Enfin, si votre endurance tombait à zéro, l’aventure était finie.
Cette série était réputée pour sa difficulté, pour plusieurs raisons. D’abord,
les stats de départ se révélaient primordiales dans pas mal de volumes.
Ensuite, le hasard avait tendance à trop
venir s’immiscer, avec ses choix entre
gauche et droite sans aucun indice,
ses morts instantanées (parfois à cause
d’un jet de dé malheureux sans rapport avec les stats !).
Enfin, le style même pouvait
être une source de difficulté. Il faut
savoir que deux écoles d’écriture
s’affrontaient : les récits à embranchements multiples, rendant la relecture
intéressante, mais le récit plus court (et
plus facile), et le « one-true-path », un
livre qui n’offre qu’un seul chemin pour
réussir l’aventure, le récit étant donc
plus long... Et bien plus dur, surtout !
Les meilleurs volumes : ils se
trouvent surtout dans les premiers
tomes. Je vous recommande donc Le
labyrinthe de la mort, Le manoir de
l’enfer, La planète rebelle, La créature
venue du chaos ou Le vampire du château noir.
Binali
PixaRom magazine
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