PixaRom N°3 | Page 59

BOUILLON DE PIXELS demandant pas un temps de réalisation faramineux puisque les bases sont déjà jetées. Ce n’est pas à dire qu’ils brillaient tous, à l’instar des jeux de base, ils connaissent une bonne proportion de bananage sidéraux. Toutefois, si l’on devait s’amuser à faire une étude qualitative entre les extensions et les DLC, je pense que les premières remporteraient la partie sans trop de difficulté. Peut-être aussi à cause de la profusion, pas près de se tarir, des DLC en tous genres... On y trouve de vrais bijoux (dans les extensions) : Mais alors, Aronaar, demandez-vous avec circonspection, pourquoi vouloir lier les deux ? Car on peut penser que les add-ons aient fournis une inspiration. Enfin, c’est une hypothèse à moi, en tout cas. Les développeurs se seront dit que cela ferait trop attendre le joueur frétillant d’impatience, brûlant de dépenser son argent. Et donc pas le temps de lui fournir autant de contenu en une fois, mettons ça en pièces bien plus « localisées », par touches successives, et gonflons les prix de chaque partie, ni vu, ni connu. Ce dont on ne peut douter, c’est que certaines extensions, rétrospectivement, puissent avoir l’air de DLC à peine rembourrés. Prenons pour exemple ce triste spécimen : minimale, qu’au final, on peut avoir du mal à sentir là une réelle extension. Avec l’éditeur de cartes intégré au soft, n’importe qui aurait pu créer des campagnes plus intéressantes ! Un brin d’histoire Un brin, car là n’est pas le coeur du sujet. Sachez seulement qu’on peut faire remonter les précurseurs des DLC à l’aube historique des jeux vidéo. En effet, l’atari 2600 a bénéficié d’une cartouche nommée Gameline, qui, via une ligne téléphonique, permettait de télécharger des jeux depuis un serveur central. Le procédé, Tempête qui sonna la fin de 3DO... Il est fièrement intitulé expansion pack, mais le jeu de base ne s’étend guère. En tout et pour tout, on comptera trois nouvelles créatures (dont on se passerait fort bien), un nouveau lieu sur la carte n’amenant pas grand-chose de plus, et une série de nouveaux artéfacts pour équiper vos héros. Artéfacts qui font d’ailleurs l’objet de la nouvelle série de campagnes proposées. Alors oui, il y a de la durée de vie, mais la narration est tellement pitoyable, les héros, sans âmes, les cartes, créées avec une inspiration sont plus aisés à produire, ils peuvent vampiriser le marché des extensions... Qui restent globalement d’une meilleure qualité. Avant l’arrivée d’Activision dans l’histoire... Un autre exemple rapide. Les connaisseurs me diront que Civ V a déjà de « vrais » DLC et que parler de cette première expansion n’a pas forcément grand sens. Oui, mais voilà, elle cumule plusieurs des tares qui peuvent habiter les DLC : - à sa sortie, elle était réellement très chère par rapport à ce qu’elle apportait (30€) - elle offrait des fonctionnalités qui auraient dues être présentes de base, comme l’espionnage et la religion. - elle résout des problèmes d’équilibrage qui auraient pu l’être avec de simples patchs gratuits. Et Firaxis de récidiver avec une autre extension en faisant un jeu vraiment agréable, au même prix. Soit, au total, une centaine d’euros si vous achetez chaque produit à sa sortie, ce qui est démentiel. Les DLC n’existent pas pour supplanter les add-ons, mais ces derniers connaissent facilement les mêmes dérives. Et comme les DLC pionnier à l’époque, nous semblerait bien archaïque maintenant, et il y avait déjà là une petite senteur d’arnaque. De fait, après avoir joué au soft téléchargé entre cinq à dix fois, il fallait le télécharger à nouveau- et payer à nouveau ! Cela me rappelle les films à télécharger sur Canal+ pour une somme modique, que vous pouvez regarder autant de fois que vous voulez... Pendant 48h. La compagnie ayant produit le Gameline est partie en fumée durant le grand crash de 1983. Surprenant, n’est-ce pas ? Il faudra attendre la Dreamcast pour avoir une nouvelle tentative sérieuse en la matière, avec ce qu’on peut réellement appeler des DLC, grâce au support online.