PixaRom N°3 | Page 35

Tests Le seul véritable souci vient des personnages que l’on dirige. La seule différentiation ne se fait qu’au travers du skin de la classe qu’ils représentent. C’est donc clairement lié au système du jeu, et non au script. Impossible donc de tenter de s’identifier à qui que ce soit. Le reste du casting fait très occidental, avec ses nains, ses elfes, son bestiaire... Qui dit JDR dit influence des mythologies et du folklore européen. Mais je ne considère pas cela comme un défaut, loin de là. Et quand bien même, les défauts que l’on peut lui trouver son balayés sans précaution, dès lors que l’on accepte de se remettre dans le bon contexte, celui de son époque. Oui, je sais, c’est dur, beaucoup ne le font pas, ou ne l’accepte pas. Et que l’on arrive à des comportements aberrants, jusqu’au déni même d’œuvre certes vieillottes, mais aussi fondatrices. On ne peut pas renier un épisode juste parce qu’il est archaïque. Il n’aurait pas donné lieu à des suites s’il avait été mauvais. Limitations techniques ou pas. Je digresse – et je le ferais dès lors que ce sera nécessaire - mais il fallait que cela soit dit. Le cassage de mythe juste parce qu’on ne supporte pas ce qui est obsolète, je trouve cela parfaitement crétin. PIXEL ART ET CHIPTUNE Maintenant que l’environnement est posé, il est grand temps de tériel, et c’est cette raison qui a poussé Square à minimaliser le voir ce que, techniquement parlant, il vaut. Et là, c’est difficile de design des affrontements. juger. Parce que les joueurs n’ont plus l’habitude de ces grossiers pixels, de ces couleurs agressives, de ces sonorités venant de l’enfer. Blague à part, il suffit de comparer avec ses concurrents directs, et encore plus Dragon Quest. Alors on peut dire que Final Fantasy premier du nom s’en tire avec les honneurs. Mieux, sur ce point, il surclasse son rival. Plus varié dans ses décors, dans ses situations, plus vivant, doté d’un bestiaire bien plus classe, en premier lieu les boss. Car les démons sont franchement classieux, il suffit de voir Marilith, par exemple. Alors oui, si l’exploration est agréable, l’environnement des combats est un peu dégueulasse. L’écran est presque intégralement noir, il y a juste un bout de décor pour nous rappeler où l’on se trouve. Mais tout ceci est justifié. Contrairement à Draque, qui adopte une vue à la première personne, et donc qui occulte les personnages, FF propose une vue extérieure. Cela implique donc de montrer non seulement les ennemis – jusqu’à neuf – et les quatre personnages. Il fallait donc ne pas faire exploser le ma- Quant à la bande-son, si vous avez les oreilles solides, ou si, comme moi, vous êtes un amateur de la musique chiptune, alors vous allez aimer. Une petite vingtaine de morceau très réussis, révélant le talent de Nobuo Uematsu, malgré la frustration qu’il a dû connaître avec une telle pauvreté sonore imposée. Certains thèmes resteront à jamais gravés dans le marbre auditif de la série, comme The prelude ou Opening theme, mais on peut aussi s’apercevoir que le maître de la fantaisie finale excelle aussi bien dans la musique épique, avec son fameux Battle theme, que dans l’ambiance bucolique, avec son Cornelia Castle. Mais le gros point fort de cette OST, c’est bien les musiques accompagnant les donjons (Gurgu Volcano, Undersea Shrine) ainsi qu’un très beau Ending theme, très travaillé pour l’époque. Une bande-son qui pose donc les bases du style Uematsu, et si elle est loin d’être la meilleure de la saga, a le bon goût de n’avoir aucune faute... de goût ! PixaRom magazine    35