PixaRom N°3 | Page 118

PORTAIL MULTIPLAN Dit ommolluptia Si il y a un domaine musical auquel je suis indifférent, ce serait le rap ce qui est assez étrange puisque j’aime le rap qui reste assez similaire. Pourtant certains rappeurs m’ont plus et, pour ce début d’année, en voici deux français. Klub des Loosers C omposé de Fuzati pour les textes et le choix de sample et DJ Detect pour la production, Klub des Loosers sort son premier album en 2004 avec Vive La Vie, recueil de chansons sur le thème de la rupture et de l’adultère (Thèmes qui vont rester récurrents dans ses prochains albums). Ce qui me fait préferer ce groupe à d’autres rappeurs (Notamment le rap industriel de Booba, La Fouine et companie) est la qualité des textes, du flow (manière dont le rappeur débite ses vers) qui n’horripile pas et les instrus magnifiques. Leader du groupe, Fuzati aime se prêter dans l’auto-dérision (“J’espère vendre pleins de disques/que mon label gagne plein d’argent/comme ça peut-être me lâcheront-ils un ticket restaurant”) et profite d’une rupture pour cracher sa vehémence dans De l’amour à la haine (“À tout ce que je t’ai proposé tu disais toujours non, N.O.N/J’ai pris le « N » et le « O »/ Les ai inversé afin de les coller sur cet interrupteur/Supposé allumer notre passion, il ne marche pas/Alors avec le « N » restant je suis parti avec en vacance au Brésil j’ai bronzé/ Le « N » voulait changer de sexe, je l’ai fait opérer, puis l’ai avalé/Donc à mon retour ne t’étonnes pas si je porte la « N » en moi”). DJ Detect, quant à lui, maîtrise l’instru comme un pro. De droite à gauche: Fuzati et DJ Detect. Pour se distinguer du quotidien du personnage qu’il incarne, Fuzati porte un masque. Après Spring Tales, un album instrumental et deux albums au sein du supergroupe Le Klub des 7, Fuzati et Detect reviennent en 2012 pour La fin de l'espèce, album qui parle toujours d'adultère et de rupture mais aussi de la naissance et de la vie d'employé de bureau. Aussi efficace que Vive La vie, les textes restent percutants ("Putain, on t'as pas dit à quel point tu n'sers à rien ?/Si t'étais dans un groupe bah tu jouerais du tambourin/Mater ma montre fout le cafard, il est peut être Cancer moins l'quart/Et si je n'cotise pas pour rien, encore deux heures et quarante piges") et les instrus sont toujours bien cherchées (Notamment le très déprimant morceau-titre de l'album). 1 an plus tard, sort Last Days, deuxième album instrumental qui serait comparable à la bande-son d'un film imaginaire. 118    PixaRom magazine