PORTAIL MULTIPLAN
Dit ommolluptia
Si il y a un domaine musical
auquel je suis indifférent, ce serait
le rap ce qui est assez étrange puisque j’aime le rap qui reste assez
similaire. Pourtant certains rappeurs m’ont plus et, pour ce début
d’année, en voici deux français.
Klub
des Loosers
C
omposé de Fuzati pour les textes et le choix de sample et DJ
Detect pour la production, Klub
des Loosers sort son premier album en 2004
avec Vive La Vie, recueil de chansons sur le
thème de la rupture et de l’adultère (Thèmes
qui vont rester récurrents dans ses prochains
albums). Ce qui me fait préferer ce groupe à
d’autres rappeurs (Notamment le rap industriel de Booba, La Fouine et companie) est la
qualité des textes, du flow (manière dont le
rappeur débite ses vers) qui n’horripile pas
et les instrus magnifiques. Leader du groupe,
Fuzati aime se prêter dans l’auto-dérision
(“J’espère vendre pleins de disques/que
mon label gagne plein d’argent/comme ça
peut-être me lâcheront-ils un ticket restaurant”) et profite d’une rupture pour cracher
sa vehémence dans De l’amour à la haine
(“À tout ce que je t’ai proposé tu disais toujours non, N.O.N/J’ai pris le « N » et le « O »/
Les ai inversé afin de les coller sur cet interrupteur/Supposé allumer notre passion, il ne
marche pas/Alors avec le « N » restant je suis
parti avec en vacance au Brésil j’ai bronzé/
Le « N » voulait changer de sexe, je l’ai fait
opérer, puis l’ai avalé/Donc à mon retour ne
t’étonnes pas si je porte la « N » en moi”). DJ
Detect, quant à lui, maîtrise l’instru comme
un pro.
De droite à gauche: Fuzati et DJ Detect.
Pour se distinguer du quotidien du personnage qu’il incarne, Fuzati porte
un masque.
Après Spring Tales, un album instrumental et deux albums au sein du supergroupe
Le Klub des 7, Fuzati et Detect reviennent en
2012 pour La fin de l'espèce, album qui parle
toujours d'adultère et de rupture mais aussi
de la naissance et de la vie d'employé de
bureau. Aussi efficace que Vive La vie, les textes restent percutants ("Putain, on t'as pas dit
à quel point tu n'sers à rien ?/Si t'étais dans un
groupe bah tu jouerais du tambourin/Mater
ma montre fout le cafard, il est peut être
Cancer moins l'quart/Et si je n'cotise pas pour
rien, encore deux heures et quarante piges")
et les instrus sont toujours bien cherchées
(Notamment le très déprimant morceau-titre
de l'album). 1 an plus tard, sort Last Days,
deuxième album instrumental qui serait comparable à la bande-son d'un film imaginaire.
118 PixaRom magazine