PixaRom N°3 | Seite 113

PORTAIL MULTIPLAN Cet épisode aurait pu faire un bon court-métrage par lui-même, avec sa fin parfaitement orchestrée. Le groupe ayant quitté le monde selon Lénine se retrouve chez la mère de Quinn, retrouvant leurs repères et se congratulant par rapport à la réussite de leur excursion dans un monde parallèle. Du moins, jusqu’à ce que le père de Quinn rentre à la maison... Père décédé depuis des années dans le monde de « notre » Quinn ! Le visage de ce dernier se ferme, sa main laisse échapper le verre qui tinte et se brise pendant que son père ne comprend pas sa réaction, l’image vire au noir... Leur odyssée entre les dimensions ne fait que commencer. Le postulat de base permet de nombreuses déclinaisons et on peut dire que les producteurs ont fait preuve d’inventivité, autant pour le bien de la série que pour s’attaquer indirectement à certains codes de la société américaine (et pas toujours seulement celle américaine !). Ainsi pourront-ils voyager dans un monde où ce sont les femmes qui tiennent le pouvoir et les hommes qui sont relégués à des positions moindres, où le professeur Arturo arrivera avec succès à se faire élire, chose encore jamais vue ; ils arriveront dans une monde où la guerre d’Indépendance n’a jamais eu lieu, résultant en des Amériques Britanniques ; dans un monde où la pénicilline n’a pas été inventée et conduisant beaucoup de gens à mourir d’une maladie facilement guérissable, dont le double de Quinn est le patient zéro ; un monde où le temps s’écoule à l’envers... Les situations varient avec agréabilité et même si l’on se doute bien qu’ils parviendront à temps à récupérer le minuteur (si celui-ci a été fauché/perdu) et/ou rassembler tout le groupe et/ou survivre à des moments critiques (comme échapper à une société où chacun est libre de retirer autant d’argent qu’il veut à des distributeurs spéciaux, mais plus vous en retirer, plus vous avez de chance de décrocher le « gros lot » : une journée où vous pouvez faire et obtenir ce que vous voulez, mais à la fin de laquelle vous devez obligatoirement vous suicider...) on se sent quand même pris par les tribulations du quatuor, lequel fait également monstre de suffisamment d’humour pour que les choses ne soient pas arides. Et il y a ce sentiment d’aventure dépaysante qu’on peut ressentir en écho, en les voyant glisser (to slide) de monde parallèle en monde parallèle. Le format (44 minutes) autorise un bon développement narratif pour chacune de ces Terres parallèles. Hélas, on peut juger que la qualité commence à baisser dès la troisième saison, la plus longue pourtant, non pas à cause du jeu des acteurs, mais bien par une moindre créativité liée à un changement dans l’équipe de production, voulant progressivement plus tabler sur les effets spéciaux et les recettes à succès. C’est très visible avec le monde des aliens, le monde des zombies, le monde avec les vampires, un monde où la magie existe... Non pas que ce soit à proprement parler médiocre, mais cela devient moins exotique, et la baisse créative n’a pas échappé à John Rhys-Davies, qui quittera la série avant la fin de la saison 3. Et lorsque celle-ci se termine, l’actrice jouant Wade, ne pouvant s’entendre avec Kari Whurers (ayant pris la place libérée par Rhys-Davies) quitte son tour la série. Amputé d’une moitié, dont le professeur Arturo assez emblématique avec son caractère, le groupe perd en charisme. Avec les saisons 4 et 5, Sliders perd à mon avis son identité. Certains fans trouvent que cela décolle avec ma multiplication des effets spéciaux, mais le principe des mondes parallèles s’efface devant une lutte de plus en plus présente contre la Dynastie Kromagg, une race d’aliens dotés de pouvoirs psychiques et maîtrisant la Glisse à un haut niveau de sophistication, puisqu’ils peuvent ouvrir des fenêtres quand et où ils le désirent, avec la capacité de faire passer des vaisseaux et armées entières. Et s’en servant pour conquérir Terre parallèle après Terre parallèle... Ce n’était pas du tout l’idée des producteurs d’origine (la série a été prise par une autre boîte après la troisième saison) et cela se ressent fortement. Le fait que l’acteur incarnant Quinn, et son frère (ayant pris la place de Wade) n’aient pas voulu participer à la cinquième saison ne trompe pas. Dans le premier épisode de celle-ci, on se débarrasse d’eux avec un artifice narratif très moche, faisant que Quinn ait fusionné avec un double qui ne lui ressemble en rien, histoire de garder un peu de sa personnalité... Ne reste alors plus que Rembrandt du groupe original et il n’est franchement pas le personnage le plus intéressant du lot, d’autant plus que son doubleur français n’est pas le même pour ces deux ultimes saisons. Quant au final, c’est un cliffhanger moisi, sachant que Sliders ne serait pas reconduit, coiffant une détérioration de la qualité qui allait crescendo. En conclusion, si vous désirez découvrir la série, vous pouvez allégrement vous contenter d’aller jusqu’à la saison 3, elle vaut tout de même le coup d’oeil. Dommage qu’elle ait été sabordée ensuite ! PixaRom magazine    113