Paris et les Zola en herbe | Page 61

  61   définissait le milieu du viaduc, de l’autre côté du pont. Je m’assis sur le bord de la balustrade, contemplant cette prouesse architecturale. Un homme de pierre ainsi que son destrier me faisaient face, m’octroyant une vue parfaite sur l’édifice. Je m’approchai de la plaque de bronze. Il était marqué que cette statue avait été érigée en l’honneur des français libres qui moururent lors de la deuxième grande guerre. Soudainement, une brise frappa ma main froide. Un mauvais pressentiment m’envahit. Je ne parvint plus à me concentrer. Le vent continua de siffler tandis que les nuages se mirent à recouvrir le ciel. Plus aucune voiture ne traversa le pont. Plus de métro roulant sur les rails. Les lumières blafardes ne projetèrent que des ténèbres. L'atmosphère calme devint terreur. Les vaguelettes qui ornaient le pont devinrent tempêtes. Je vis au loin, sur le très grand écran du bistro sur ma gauche, des images choquantes. Le sang coulait au cœur de Paris.