Paris et les Zola en herbe | Seite 59

  59   Avant le 13 novembre 2015 : Ce matin là, Paris mettait une paresse souriante à se lever. Je regardais, depuis ce banc archaïque, le pont de Bir-Hakeim que je trouvais si beau. Les multiples boiseries qui ornaient le pont le rendaient symbolique, le rendant si singulier à mes yeux. Les deux piliers, que je voyais aussi comme des supports, portaient ce pont bravement. Les cyclistes du dimanche roulaient au pas tout au long de la route qu’offrait le pont. Ils s’arrêtaient, ici et là, pour admirer la vue magnifique de la capitale ou encore respirer l’air froid qui habitait le chemin. Je voyais, le dimanche le plus souvent, de jeunes mariés prendre des photos devant la tour Eiffel qui s’élevait dans le ciel interminablement. Quelle douceur, les arbres qui m’entouraient n’avaient plus que quelques feuilles sur leurs branches tant l’hiver approchait à grands pas. Il m’arrivait fréquemment de rester là, sur ce même banc, pendant plusieurs heures sans décrocher mon regard du quartier qui entourait le pont, ce quartier qui ne cessait de me faire découvrir de nouvelles choses chaque fois que je le contemplais. La nuit, le faubourg était vide. Je ne voyais plus que le métro qui passait toutes les quelques minutes. Le pont n’était jamais obscur : des lampes illuminaient le passage cyclable et la route. Ce pont avait aussi une utilité bien précise pour les habitants de la capitale, il rejoignait le quinzième arrondissement et le seizième arrond