Montréal pour Enfants vol. 17 n°2 Printemps 2017 | Page 23

Une prévention qui fait du bien
notamment le cas à l’ hôpital LaSalle, où des acupuncteurs interviennent jusque dans les salles de travail: « On s’ adapte à leur rythme. Et maintenant qu’ ils connaissent nos compétences, ils viennent nous chercher pour nous demander ce que nous pouvons faire si le cœur du bébé commence à décélérer, par exemple », explique l’ acupunctrice Audrey Lesquelin.
Le fait que certaines spécialités, comme chiropraticien, exigent une formation doctorale, ou qu’ une formation préalable dans le domaine de la santé soit exigée par certaines écoles d’ ostéopathie, peut contribuer à établir ce lien de confiance, avec des professionnels qui étaient déjà des confrères avant d’ acquérir leur nouveau champ de compétences. D’ ailleurs, la médecine conventionnelle comme la médecine complémentaire évoluent dans un contexte où, avec le développement des spécialisations de soins, la multidisciplinarité est de plus en plus en prônée. Les codes déontologiques des différentes associations et ordres professionnels en soins du corps exigent ainsi que toute démarche commence par une évaluation globale et une référence à un médecin ou à un professionnel de la santé en soins complémentaires si la problématique rencontrée risque de dépasser le champ d’ expertise du professionnel: « Je contribue à des formations offertes à des doulas( des accompagnants à la naissance), pour leur apprendre ce que peut apporter un ostéopathe et ce sur quoi il peut travailler. Cette exigence de multidisciplinarité avec ce type de patientes me rapproche beaucoup de la pratique communautaire que j’ ai pu avoir auparavant en CLSC », rapporte Johanne LeBlanc, une infirmière devenue ostéopathe.
Mais ces approches complémentaires apportent aussi fréquemment quelques atouts supplémentaires sur le plan humain. Alors que les médecins se retrouvent en première ligne pour observer le développement normal de l’ enfant, indiquer les grandes lignes de conduite à observer et réagir en cas d’ urgence, les soins complémentaires ouvrent souvent la porte à l’ expression de soi, de la particularité de chacun durant cette étape unique de la vie qu’ est la grossesse. On y propose aussi une approche plus complémentaire des soins, où le parent est appelé à s’ impliquer, avec ses croyances, ses valeurs et ses appréhensions, mais aussi, plus directement encore, en ayant parfois l’ enfant sur ses genoux durant le traitement. « On prend une main ou un pied et on voit que le bébé est dans une zone d’ inconfort. Je fais toujours confiance à la maman pour me le signaler. Je lui demande: « Est-ce qu’ on continue? Ça va pour vous?» Si elle me répond: « Oui, c’ est bon », je lui demande de rassurer l’ enfant. Il y a plein de techniques. Elle touche l’ enfant, elle participe, ça nous permet de travailler », raconte l’ ostéopathe Franck Collet.
Une prévention qui fait du bien
De manière générale, quelle que soit l’ étape de la vie, les patients ont tendance à consulter lorsqu’ ils ressentent certaines douleurs ou que leur état les inquiète. Les thérapeutes essaient de les sensibiliser aux avantages d’ une approche préventive: « Quand un patient se déchire le croisé intérieur du genou, le chirurgien va l’ obliger à faire de la physiothérapie de façon intensive durant plusieurs mois, en se disant que plus ce patient sera fort, mobile et en contrôle de son corps, mieux il récupérera de la chirurgie. C’ est un peu comme ça qu’ il faut voir l’ accouchement: on prévoit un trauma. Il faut être le plus préparé possible pour que la pente soit moins difficile à remonter après », suggère la physiothérapeute Mélanie Claveau. Cette démarche préventive s’ avère d’ autant plus importante à ses yeux que les femmes fragiles, mais aussi les athlètes développent des facteurs de risque qui leur sont propres.
Audrey Lesquelin observe aussi que, durant ces mois de transformation radicale du corps de la mère, la ligne entre le normal et l’ anormal est parfois difficile à établir: « Souvent, il y a quelque chose qui se débloque chez une personne et elle voit la différence après, quand ça va mieux. Elle se dit: je ne savais pas que j’ avais cet
100 % SANS NOIX 100 % SANS PRODUITS LAITIERS
2069 Rue St-Louis, Saint-Laurent Qc. Fax: 514 737-1742 info @ mimimelon. ca