Mi primera revista FRAN MAG 1 | Page 32

ANNALES Quand cette énorme documentation aura été dépouillée méthodiquement, — seul un travail d'équipe en viendra à bout, et il serait précieux aussi pour l'histoire des fortunes et l'histoire économique générale, — alors seulement on pourra replacer les textes littéraires et théologiques dans un milieu social concret et apprécier leur véritable portée. L'auteur nous donne l'exemple, qui cite deux testaments indiens de 1573 et 1575, où des legs sont faits au sanctuaire, et qui rappelle la générosité de D. Alonso de Villaseca, peut-être l'homme le plus riche de la Nouvelle-Espagne au xvie siècle, offrant à l'église, en 1566, une «image d'argent » de la Vierge, grandeur nature : Villaseca était pourtant un Espagnol péninsulaire, non un criollo. Espagnol aussi, venu de Madrid, ce trésorier royal des mines de San Luis Potosi, qui rappelle dans son testament1, en 1662, la « particulière dévotion » qu'il a toujours témoignée à la Vierge de Guadalupe, ordonne de terminer aux dépens de sa fortune une chapelle qu'il avait commencé à construire pour abriter une « image » rapporté de Mexico, et lègue à cette fondation quatre esclaves noirs pour son service — un petit capital. Puisque nous ne pouvons que difficilement appliquer au passé les méthodes d'enquêtes chères à Gabriel Le Bras, nous ne devons pas négliger des sources de ce genre, qui nous font connaître directement la spiritualité des hommes du temps. Le travail du Dr. de La Maza ouvre des perspectives nouvelles et passionnantes, qu'il ne faut pas manquer d'élargir. Une critique de forme pour terminer : le livre ne comporte ni index, ni bibliographie, ce qui ne facilite pas sa consultation. Mais, plus que l'auteur, le caractère de la collection où a paru son ouvrage en est sans doute responsable. Jean-Pierre Berths. 29 Foto: Jessica Soto