L'Eclaireur n°2 | Page 19

SOCIETE C'est de ta faute si tu as été violé

Le temps de

Quelques chiffres du site du gouvernement sur le viol :

83% des violés rapportent qu'ils n'ont été ni reconnus, ni protégés.

Moins de 10% portent plainte, et seulement 1% obtiennent une condamnation.

20 % des femmes ont subi des viols.

Les principales victimes sont les mineurs : 81% ont moins de 18 ans, 51% moins de 11 ans et 21% moins de 6 ans.

Les personnes handicapées et en situation de discrimination subissent quatre fois plus de violences sexuelles.

90% des viols sont commis par des membres de la famille ou du couple.

Selon la loi, «  tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol  ». Un viol est donc interdit et puni par la loi.

Mais aujourd'hui encore, beaucoup de personnes nient les viols, dans les familles comme chez les spécialistes. Pour beaucoup, un viol se passe la nuit, par un inconnu armé. Ces cas-là sont en réalité les plus rares.

Voici quelques arguments trop souvent utilisés pour transformer une victime de viol en fautive.

«  C'est de ta faute puisque «  tu avais bu »

Tous les arguments sont bons pour nier. Une personne saoûle ne peut en aucun cas donner son consentement, mais cela est souvent reproché aux victimes. Zoé, 18 ans, raconte : «  personne ne considère ce qui s'est passé comme un viol, forcément, c'est de ma faute puisque «  tu avais bu  » .

«  Vous étiez sûrement un peu comp-lices  »

Il y a une grande différence entre le viol et le fantasme du viol . Les fantasmes sont comme des rôles que l'on joue, avec toujours un consentement derrière. Ils sont contrôlés et voulus. Le viol est le contraire, avec en plus une envie de dominer l'autre. Mais tout le monde ne fait pas la différence. Catherine écrit :  «  J'avais 22 ans et j'étais en procès contre mon frère de 6 ans mon aîné, qui, entre mes 4 ans et 14 ans, abusait sexuellement de moi. Quand j'ai vu mon avocat, il m'a dit avec un petit sourire «  vous savez, ce sont des jeux d'enfants, c'est classique, vous étiez sûrement un peu complices » .

«  Je le voulais puisque je me suis laissé-e faire et pas débattu-e  ».

Il faut savoir que pendant un viol, la victime atteint un haut stress qui entraîne un risque vital cardio-vasculaire et neurologique, contré par le cerveau qui envoie des hormones qui déconnectent physiquement et moralement la personne. Elle est alors paralysée, c'est la

Dessin de Zoé