L'Eclaireur n°12 | Página 4

Je n’ai plus le temps.

Plus le temps de quoi, me demanderez-vous ?

Plus le temps de tout. Assommée par l’économie, la sociologie et l’histoire, je n’ai plus le temps pour la lenteur de la vie. Mon existence est régie par les leitmotivs de la vitesse, de l’efficacité, de la productivité même.

Je n’ai plus le temps de me laisser choir, de laisser mon esprit se perdre pour peut-être finalement se retrouver. Plus le temps de me consacrer à des activités que la société juge "inutiles".

Et dormir alors ? Une perte de temps, assurément.

Sortir, discuter ? Et puis quoi encore.

À défaut de pouvoir expérimenter les liens sociaux, je les étudie.

Contrainte de devoir mettre mon histoire en pause, l’histoire de ma vie ; je m’applique à retenir celle des communards, des empereurs, et des maquisards.

A défaut de pouvoir encore fouler les pavés au rythme de mes revendications, je m’attache à comprendre celles des autres.

Bataille constante avec la lenteur qui s’échappe si vite que je ne peux la saisir.

Parce que nous sommes grands, on nous prête une autonomie qui n’est pas la nôtre.

Laissons les étudiants enfermés, ils peuvent travailler seuls !

Mais peuvent-ils vivre seuls face à leur travail ? Je ne pense pas.

Ceci est un manifeste. Une ode à la sortie, à l’essentiel, à la vie…

Premiers mois de l'année scolaire

2020-2021, un jour comme les autres...

Charlotte