L'Eclaireur n°12 | Page 33

Des idées nouvelles que certain.e.s ne partagent pas. La PMA pour toustes entraînerait des conséquences qu'on ne peut pas prévoir, mais qu'on ne s'empêche tout de même pas d'imaginer. Quelle stabilité trouverait un.e. enfant dont les parents seraient deux femmes ? Deux hommes ? Beaucoup soutiennent l'idée qu'une présence « féminine » et « masculine » serait nécessaire au bon développement de l'enfant. Cela revient, bien qu'indirectement, à soutenir la thèse que femmes et hommes ont un rôle bien définis au sein de la famille et presque automatiquement au sein de la société, donc. Une question qui en entraîne bien d'autres et pousse à réfléchir sur la dimension de la féminité et de la masculinité.

Tout le monde sait que pour procréer, il faut une gamète femelle et une gamète mâle, chez les animaux, et aussi chez les plantes. Seulement, dans le cas où deux femmes désirent un enfant ensemble, la gamète mâle est apportée par un don de sperme d'un homme anonyme. De nouveau, des problèmes moraux sont soulevés. Le fait que le don de sperme soit anonyme pour les femmes seules ou lesbiennes en dérange plus d'un.e. Cela revient à donner un rôle strictement sexuel et génétique au père. Pour celleux qui soutiennent le nouveau projet de loi, le rôle du père n'est pas nécessairement masculin, mais englobe bien l'idée d'une personne qui joue un rôle majeur dans le développement de l'enfant, au même titre que la mère. Alors, ce qui compterait ne serait pas la composition de la famille mais bien une présence saine pour l'enfant, quelle qu'en soit sa forme. Un long débat, qui engendre des rassemblements, comme le 10 octobre 2020, en France.

A l'annonce d'une seconde relecture du projet de loi concernant la PMA, mais aussi concernant l'avortement qui fait partie du même article, le collectif de La Manif Pour Tous a décidé de se rassembler le samedi 10 octobre pour protester. Partout en France, les communautés lgbtq+ et féministes ont décidé elles aussi de manifester face à LMPT, une manière de faire valoir leur voix.

Un face à face que les forces de l'ordre ont fortement encadré, redoutant des altercations entre les deux pôles. A Grenoble, ce sont 14 camions de CRS qui ont bloqué les accès à la place de Verdun où stationnaient les partisan.es de LMPT, et ont fait face à quelques 2000 manifestant.e.s féministes et lgbtq+. Si le rassemblement s'est tout d'abord déroulé pacifiquement, le départ en manif "sauvage" n'a pas plu aux CRS, qui, au bout d'une dizaine de minutes à peine, et constatant le refus de dispersion de la part des manifestant.e.s, ont gazé la foule.