Samedi 10 octobre 2020 : PMA pour tou.te.s !
Esther
«Mon corps, mon choix et ferme ta gueule!» C'est autour de «quelques» camions de CRS que se sont fait face (tout est relatif) communautés LGBTQIA/féministes et partisan.es de La Manif Pour Tous un peu partout en France, ce samedi 10 octobre 2020, dans une atmosphère aux odeurs de lacrymo. Un même combat, la PMA pour toustes, nouveau projet de loi bio-éthique, que les un.e.xs défendent et que les autres critiquent. Un débat très politique qui divise l'opinion et remet en question une société dont les certitudes les plus fondatrices ne sont plus si évidentes.
Que ça plaise ou non, nous vivons dans des sociétés qui évoluent. Les progrès scientifiques entraînent des changements sociétaux, et certaines remises en questions des valeurs qui construisent l'ensemble des normes sociales. Les lois bio-éthiques visent théoriquement à réguler l'impact des humain.e.xs sur le vivant, au travers notamment des progrès
de la médecine ou des biotechnologies. La PMA, ou procréation médicalement assistée, n'est en France aujourd'hui accessible qu'aux couples hétérosexuels qui connaissent des difficultés à se reproduire naturellement. Mais le 15 octobre 2019, l'Assemblée Nationale a voté lors d'une première relecture la possibilité de l'ouvrir aux mères célibataires et aux couples lesbiens, à l'image de la Belgique depuis 2004 ou encore de l'Espagne. Votée à une majorité de plus de 60%, ce choix a suscité de vives réactions.
Quelles dimensions, quelles valeurs peut on accepter de donner à la vie ? Pendant longtemps, la plupart des sociétés humaines se sont constituées autour d'une cellule familiale unique : une mère, un père, dans la continuité de la biologie. Mais depuis quelques années déjà, ce schéma a fortement été remis en question, tout d'abord à travers la question du rôle des sexes, puis par la théorie du genre et la prise de parole des féministes et communautées lgbtq+. Aujourd'hui, on commence à considérer d'autres possibilités, on envisage que nous nous étions peut-être trompé.e.s.