Une parole d'esclave au lycée
Louise
L’esclavage. Tout un pan sombre de l’Histoire ne doit pas s’échapper de nos mémoires. Préservons-le, qu’il nous permette de ne pas refaire les mêmes erreurs, de réfléchir, d’évoluer. Le 14 février dernier, dans le cadre du concours « la flamme de l’égalité », les classes de 2nde 5 et 8 ont eu la chance d’être témoins de la parole de Mary Prince, esclave aux Antilles, portée par la comédienne Souria Adèle et ainsi de se replonger dans l’Histoire. Pour quelles raisons Souria a t-elle tenu à nous livrer ce récit ? En quoi est-ce important pour elle ? L’éclaireur donne la parole à cette comédienne.
L’éclaireur : Parlez-nous de votre spectacle.
Souria Adèle : Il a été créé en 2014, dans un petit théâtre appelé la manufacture des abbesses (18ème arrondissement de Paris). C’est un « seul en scène », mais il y a évidemment une équipe artistique derrière : un metteur en scène, une ingénieure-lumière, une costumière, une voix off… J’ai aussi eu besoin d’une traductrice pour adapter en français le texte originel anglais de Mary Prince. Ce que j’ai produit au lycée n’est pas le vrai spectacle, seulement ce qu’on appelle une lecture : j’ai dit le texte avec une chanteuse qui intervenait pour des intermèdes musicaux.
L’éclaireur : Pourquoi vouloir montrer ce spectacle aux lycéens d'aujourd'hui?
Souria Adèle : Parce que c’est important que l’on connaisse cette histoire, ça fait partie du travail de mémoire et de l’Histoire de la France. Nous nous rappelons évidemment des deux décrets d’abolition de l’esclavage, en 1794 et 1848. De plus, aujourd’hui en France, il y a une forte population afro-caraïbéenne, descendante de ces gens qui ont été mis en esclavage. Cependant, je me suis rendue compte que très peu de gens connaissent bien l’histoire de l’esclavage, et selon moi c’est important d’entendre ce témoignage.
L’éclaireur : Pourquoi avez-vous choisi d’incarner Mary Prince ?
Souria Adèle : En France, nous n’avons aucun témoignage d’esclaves qui racontent leur vie de la naissance à la mort. Ce type de récit s’appelle un slave narrative, en anglais, et nous n’avons donc pas d’équivalent en français, d’où la raison pour laquelle j’ai choisi ce témoignage et je l’ai traduit. Et puis, malheureusement, on a très peu de récits de femmes esclaves. A ma connaissance,