L'Eclaireur n°11 | Page 31

Encore un bout de montagne à gravir pour les défenseur·euse·s de l’ERA, mais iels n’ont jamais été aussi proches du sommet !

Un climat d'opposition

La lutte autour de l’ERA est aussi et surtout un conflit entre les pro-ERA et les anti-ERA, qui ont chacun·e·s leur vision différente des conséquences de cet amendement. Se met alors en place en 1972 une course contre-la-montre avec deux objectifs contraires : faire ratifier l’ERA, ou l’empêcher. Attirer l’attention des médias, participer à des shows TV, manifester, faire passer des tracts ou même distribuer des petits pains et de la confiture aux membres du Congrès… Toutes les idées sont bonnes pour remporter cette bataille de longue haleine. Une rivalité donc, qui oppose majoritairement des femmes. Femmes contre femmes, pour une loi qui changerait principalement les conditions de la gente féminine, mais avec une décision finale qui revient aux hommes, beaucoup plus présents au Congrès… Encore aujourd’hui, les avis divergent et le combat fait rage.

Les anti-ERA frappent fort...

Au début, l’adoption de l’amendement semble gagnée : les État ratifient avec une rapidité fulgurante. C’est évidemment sans compter toute une campagne anti-ERA, nommée STOP-ERA, qui se met en place et vient rapidement freiner l’enthousiasme des féministes. Mais pourquoi l’ERA est-il tant contesté ? Selon les opposant·e·s, qui croient fermement que la place de la femme est à la maison, des conséquences néfastes pourraient en résulter : les jeunes filles iraient au combat au même titre que les hommes, les toilettes publics seraient mixtes, l’avortement et le mariage homosexuel légalisés, la garde des enfants partagée…

Tant de changements qui anéantiraient la « famille traditionnelle américaine », si chérie par les femmes au foyer, principales meneuses de cette opposition, qui ne se sentent ni représentées, ni considérées dans ce combat féministe qui les humilie et les traite de réactionnaires sans prendre en compte leur liberté et leur volonté. STOP-ERA nous rappelle aussi que l’amendement 14 de la constitution déclare déjà une égalité devant la loi, et que les femmes possèdent un statut favorable dans la société grâce aux pensions alimentaires ou aux allocations de veuvage. Ces arguments se répandent comme une traînée de poudre à travers l’Amérique, et changent le point de vue de milliers de citoyen.nes sur la question.

La promesse de lendemains qui chantent

Personne n’aurait imaginé que la ligue

anti-ERA prendrait une telle ampleur. Les pro-ERA, légèrement déstabilisé·e·s par cette rébellion imprévue, ne lâchent pas le combat pour autant, et accentuent leurs actions pour faire pression : manifestations immenses, pétitions, grèves ou actes de désobéissance civile.Le but étant de faire monter leur

Symbole des opposants ERA