L'Eclaireur L'éCLAIReur N°6 | Seite 14

La Route d’Eldorado (2000) ne remboursera pas son budget et recevra des critiques mitigées. Un échec qu’on peut considérer injustifié : ne reculant devant aucun sacrifice, j’ai visionné ce film pour les besoins de cet article. Je l’ai trouvé excellent, aussi bien pour les enfants que pour les adultes (un personnage s’écrie Holy Ship ! en VO, quelques scènes se révèlent un peu sulfureuses et on peut apercevoir du sang lors d’une séquence). Un dessin animé que je recommande. Avec des films qui s’adressent aussi bien aux enfants qu’aux adultes et qui développent des thèmes profonds (davantage en tout cas que chez Disney), Dreamworks a donc su très vite s’imposer en anti-Disney, et va jusqu'à concurrencer son prestigieux rival sur le terrain des Oscars.

Deux films vont parvenir à se démarquer au début du 21ème siècle, puisque Sinbad, la légende des sept mers (2003) va tomber rapidement dans l’oubli. Ces deux films sont Shrek, sorti en 2001, et Spirit, l’étalon des plaines, sorti en 2002, qui obtient de bons scores au box-office et une nomination pour l’Oscar du meilleur film d’animation.

Spirit, l’étalon des plaines est un film splendide qu’on a du mal à oublier. Les chansons, interprétées par Bryan Adams, sont tout bonnement magnifiques. La bande originale composée par Hans Zimmer (Hans Zimmer, quoi !) est mémorable. L’histoire ? Eblouissante. Il s'agit sans contexte de l'un de mes films Dreamworks favoris. Grâce à ce film, de nombreux enfants se sont mis à rêver des paysages arides de l’Ouest Américain. Spirit possède une âme particulière, qui évoque la soif de liberté. En résumé, il a un charme indéniable, avec des thèmes encore une fois assez adultes, puisque le film retrace la conquête de l’Ouest avec les conflits entre Amérindiens et colons.

Un méga carton : Shrek

Shrek va quant à lui s’imposer comme LE film emblématique du studio, celui qui représen-tera Dreamworks Animation pendant de nombreuses années dans l’esprit du public. Avec ce dessin animé, Dreamworks Animation frappe un grand coup en renversant totalement les codes : l’ogre laid, sale et grincheux est le héros, les contes de fées sont moqués et tournés en ridicule, la princesse est victime d’une malédiction qui la change en ogresse, pratique le karaté et met des coups de boule au prince charmant, etc. Exit les demoiselles en détresse et les princes parfaits qui volent au secours de leur bien-aimée ! Le film est un énorme carton et permet au studio de s’opposer de manière plus radicale aux codes du film d’animation que Disney a, en quelque sorte, imposés dans ce domaine. Ainsi, Dreamworks Animation gagne rapidement en popularité pendant cette période et renforce son positionnement "anti-Disney"...

Mais Dreamworks Animation va essuyer de nouveaux échecs par la suite ; Gang de Requins, malgré quelques bonnes idées, déçoit le public : on peut y voir une tentative maladroite de concurrencer Le Monde de Némo.