Où en est ta situation amoureuse ?
Disons que tout était mer d’huile, calme
plat, avant ma rencontre avec Paul Jandor.
Aujourd’hui, j’oscillerais plutôt entre un rêve
éveillé avant le drapeau rouge. Vous me situez ?
Je ne sais pas si je suis très claire mais ça me
paraît assez juste comme description.
Tu peux critiquer ton auteure, vas-y, lâche-
toi. Dis-nous tout ;
Eh bien… je ne la remercie pas de m’avoir
affublée de ce trait de caractère qui me colle à la
peau à longueur de temps : le doute. C’est loin
d’être de tout repos quand on doute de soi aussi
souvent. En même temps, sans le doute,
personne ne se remettrait en question. Je
progresse au fil du roman, aussi grâce à cela.
Hormis cela, mon auteure est un peu
perfectionniste et elle a passé des heures parfois
des jours sur une même page à me rayer, me
gommer, me réhabiliter… Bref, ce n’était pas de
tout repos si vous voyez ce que je veux dire.
Et ta situation familiale ?
À 30 ans, pas mariée et sans enfants, ce
n’est pas très original. Mais si j’élargis le cercle,
j’ai un vieux contentieux avec mon père…
Ce que tu détestes le plus chez les autres
personnages de ton livre ?
Le manque de courage. Cela se traduit par
un manquement aux responsabilités ou à
l’engagement. Dans ma position, le fait de douter
de soi, ou des autres, décuple au contraire mon
envie de vivre pleinement et sans faux-semblants
les situations dans lesquelles je me retrouve.
Si tu devais changer le titre de ton livre, quel
serait ton choix ?
Oh là là ! Pas facile non plus cette question !
Je pense au titre d’un film de Claude Lelouch, un
de ses premiers films, avec Belmondo et Girardot
tout jeunes. Intitulé Un homme qui me plaît, le
film est tendre, espiègle avec une musique très
présente sur les images. Des similitudes avec le
roman dans lequel j’évolue.
Comment les autres personnages te
décriraient-ils ?
Intelligente, têtue, un poil excessive,
experte dans l’autodérision, provocatrice à ses
heures, dotée du charme de celles qui ignorent
leur potentiel.
Ça va toi, sinon ? Ton auteure ne te fait pas
trop souffrir ?
Ça va, je peux dire que je ne m’en sors pas
si mal, compte tenu du fait que j’ai dû m’adapter
aux humeurs de ma créatrice. Elle m’a tout fait
faire : la naïve, la hautaine, l’amoureuse,
l’hystérique, la cynique, en fonction de ses
humeurs du moment. Une soirée parfaite, pour toi, c’est quoi ?
Des discussions à n’en plus finir avec Alice
et Julia, mes deux meilleures amies, saoulée à
coups de gin-tonic subtilement dosé et d’un bon
groove des années soixante-dix. Bon, ça c’était
avant que je rencontre Paul Jandor. Depuis, une
fameuse soirée à l’opéra m’a fait complètement
envisager les choses sous un autre angle.
Quelle émotion ressens-tu le plus souvent ?
Je suis souvent critique vis-à-vis de moi-
même, ce qui peut me pousser vers une certaine
forme de mélancolie. Quels sont tes enjeux au sein de cette
intrigue ? Qu’est-ce que tu y gagnes ?
J’ai plusieurs combats à livrer : un avec moi-
même, un avec mon père et un autre avec celui
qui s’amuse à prendre mon cœur pour un Yoyo.
Ta vision du bonheur ?
Vaste sujet. Disons que la réconciliation
avec soi-même est une première étape. La
réconciliation avec ses proches, la seconde étape,
et que la conquête de soi est le point ultime qui
doit mener à la liberté, donc au bonheur. Ça, c’est
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