Jeanne d’ Arc: figure féministe ou martyre religieuse? Martha Lisk
L’ héritage de Jeanne d’ Arc est défini par une contradiction profonde. Elle est célébrée par le féminisme moderne, qui est souvent laïque, comme un symbole de l’ autonomisation des femmes et de la remise en question des rôles de genre; pourtant, c’ était une catholique dévouée du 15ème siècle, qui a vécu, lutté, et finalement est morte au nom de Dieu. Cette contradiction est importante parce que cela la cimente comme un symbole national de France, quelle que soit la nature de son héritage.
Même jusqu’ à sa mort, elle a maintenu que ses actions étaient ordonnées par Dieu et par les voix des saintes. Dans cet esprit, sa dévotion était enracinée dans l’ obéissance absolue à la volonté divine plutôt que dans l’ autorité humaine; ce qui signifie que ses actions prétendument « féministes » n’ étaient pas conçues pour libérer les femmes, mais plutôt pour obéir au commandement de Dieu en tant qu’ instrument de savolonté divine. Canonisée en 1920, la réhabilitation dramatique de sa réputation souligne sa vie vertueuse consacrée au Seigneur. Cependant, cette reconnaissance publique de son engagement de sa croyance au sein d’ une société construite sur des structures de pouvoir traditionnelles contribue involontairement à son image en tant que figure féministe. Ce fut une femme franche qui a pris des mesures directes pour défendre ses convictions, faisant d’ elle un symbole évident de ce que signifie être une femme autonomisée.
Défendue par les Suffragettes comme une féministe au début du 20e siècle, Jeanne est devenue une icône improbable en raison de ses motivations purement religieuses. L’ action militante qu’ elles ont entreprise et leur défi de la sphère domestique restrictive assignée aux femmes aux 15e et 20ème siècles ont uni Jeanne et les Suffragettes dans leur défi à l’ autorité patriarcale – que ce soit comme un produit d’ inspiration divine ou d’ une claire motivation féministe.
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