La Dépêche Printemps 2026 Printemps 2026 | Page 32

Refuser l’ effacement, revendiquer l’ existence: comment les Imazighen ont-ils préservé leur culture face aux menaces d’ outre-mer?

Ruby Hargreaves
Les montagnes de l’ Atlas se dressent à travers le Maghreb et abritent des communautés méconnues mais fortes. Confrontées au colonialisme de plusieurs pays européens ainsi qu’ aux changements des frontières, les communautés amazighes se sontépanouies à la faveur des échanges générationnels, des systèmes d’ autogouvernance, et des modes de communication protégés.
Par-dessus tout, les Imazighen ont toujours affirmé leur identité dans la parole. Les locaux affirment qu’ ils préfèrent s’ appeler les Imazighen plutôt que leur nom notoire, les Berbères— le nom‘ Berbère’ remontant à la Grèce antique et désignant‘ barbare’, un terme d’ antiquité qui signifiait tous les étrangers hors de leur pays. Plutôt, le terme‘ Amazigh’ décrit une collectivité de‘ gens libres’ dans leur propre langue, une affirmation de leur résistance à l ' eurocentrisme et à l ' effacement de leur individualité linguistique.
Pendant les siècles XIXe et XXe, les dialectes autochtones amazighes étaient considérés comme‘ ruraux’ et pas appropriés pour les travaux administratifs. À notre époque, reconnus officiellement au Maroc depuis 2011, les dialectes amazighs se situent à côté des langues globales comme le français et l’ arabe et donc assurent les droits culturels et l’ inclusion du peuple indigène dans la sphère publique. Pour une langue qui est largement communiquée à l’ oral plutôt qu’ à l’ écrit et qui est utilisée pour partager les trésors culturels depuis longtemps, cela est un exploit inestimable d’ avoir l’ amazigh standard de plus en plus inclus dans la législation officielle.
Image: Public domain, NYPL archive
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