Kiwi mag Kiwi mag #4 décembre | Page 14

Success Story Kerredine Soltani Le prodige de la chanson française Connu de tous les artistes pour son talent d'auteur compositeur, le chanteur de "Je veux m'intégrer" représente à nos yeux la réussite personnifiée. C'est en toute simplicité que Kerredine alias le "dandy chic" nous a reçu dans ses studios qui ont vu passer Zaz, Kendji, Tal... Pour une interview pleine de spontanéité ! Il était une fois... J’ai grandi à Argenteuil, j’ai tenté de faire des études mais en vain. J’ai commencé à sortir dans des soirées un peu branchées et là j’ai compris que pour voir autre chose que la cité et le quartier il fallait que je fasse de nouvelles rencontres. En soirée les gens faisaient très souvent erreur sur mes origines et j’avais souvent le droit à des Shaloms ! De fil en aiguille j’ai fait de nombreuses rencontres en stipulant bien mon origine, que j’étais avec eux le soir mais que le lendemain j’étais dans des mosqués Salafistes à Argenteuil. (Rire) Ça faisait marrer plus qu’autre chose. J’ai toujours fait de la musique même depuis tout petit mais ça marchait moyennement. Un ami, rencontré en soirée, Alain, m’avait demandé si je savais taper à l’ordinateur, j’ai répondu que contrairement à d’autres je ne savais taper qu’à l’ordinateur (rire) et il m’a fait rentrer au Ministère de la Culture où après 6 mois de saisie informatique je suis devenu assistant chef de projet et pour mes 22 ans je suis passé chef de projet. J’ai travaillé comme un malade et un an plus tard j’étais chargé de mission à l’Elysée au service événementiel sous Chirac. Après cela je suis devenu directeur de promo dans le cinéma. J’ai ensuite monté une agence de comédien et mannequin. Pendant tout ce temps je n’ai jamais cessé de faire de la musique mais je me cantonais à un style très R’N’B. Un jour un ami me dit que je devrais tenter un autre genre. Le défi lancé j’ai produit ZAZ avec tout le succès qu’on lui connait aujourd’hui : Victoires de la musique, vente de plusieurs millions d’albums... En parallèle j’ai sorti mon album avec la Warner music qui a fait beaucoup de presse mais peu de ventes, ma chanson est devenue chanson de l’été sur France2. Ensuite j'ai beaucoup écrit pour de nombreux artistes : Tal, Elisa Tovati et Kenji. Je souhaite continuer ma carrière de chanteur mais très souvent lorsque je suis sollicité par les médias c’est pour ma casquette de producteur et je voudrais pouvoir exister au moins autant que les artistes pour lesquels j’écris et compose. Quelles sont tes inspirations musicales ? Je vois donc je ressens ! Tout simplement. Dans mes textes j’ai une approche assez journalistique, je vois je ressens, j’écris du coup je peux écrire 20 chansons par jour ! Contrairement à des amis auteurs qui ont besoin de s’auto-centrer. C’est fort, émotionellement parlant, mais ça nécessite du temps pour tout extérioriser. Tes chansons sont très engagées, pourquoi ? C' est assez drôle, les gens disent toujours : je ne peux pas être sincère, ça va me porter préjudice ! Ne pas pouvoir parler de telle ou telle cause dont la Palestine etc... Mais là où ils se trompent c’est qu’on est au pays de Charlie Hebdo et on peut tout dire. Alors moi je dis tout et ça ne me ferme pas de portes, au contraire. Le meilleur exemple est ma chanson sur l’intégration ou je parlais du Président de la République et pour laquelle j’ai été contacté par France 2 pour faire la chanson de l’été en 2012 alors que j’ai ouvert ma gueule ! La banlieue à fait de moi ce que je suis 14 Kiwi mag Quelle est ta principale motivation ? Le challenge ! J’ai réussi des choses pour les autres que je n’ai pas encore réussi pour moi. Les artistes disent souvent qu’ils aiment les concerts mais en vérité c’est parce qu’ils aiment être applaudis. Et pour ma part tant que je ne sortirai pas un album n°1 je continuerai. Je ne vais pas me satisfaire de la 20è place ! A quand la priorité pour ta carrière ? C’est compliqué parce que lorsque je vais au marché acheter des tomates je reviens systématiquement avec le caddie rempli de tout et parfois il n’y a même pas de tomates ! (rire) C’est ma vie ! Je décide de ne m’occuper que de moi et 2 mois après je me retrouve avec 5 jeunes dans les studios.