[ voyage ] compagnons 15
Vue sur la réserve naturelle du Coromandel sur l’ Ile du Nord( janvier 2025).
Je regrettais l’ ambiance de Wellington et j’ avais le blues, car ma vie sociale y était nettement plus limitée. Le cadre, cependant, était exceptionnel: montagnes, lac et nature à perte de vue.
J’ ai trouvé une embauche au sein de l’ un des nombreux restaurants du coin. Je produisais des pâtisseries pour la vitrine de ce restaurant polyvalent( brunch, pizzas, etc.). L’ équipe était jeune et internationale, l’ atmosphère très détendue, sans hiérarchie marquée, comme à Wellington. Mais, en revanche, la réalisation de la production était moins intéressante.
La culture culinaire kiwi m’ a par ailleurs surpris: leur rapport à la nourriture est très différent de celui des Français. Là-bas les repas sont expédiés, peu élaborés à domicile et, quand ils reçoivent, ils ne font pas autant d’ efforts que nous. Il n’ existe pas de cuisine kiwi proprement dite. Elle est constituée d’ un patchwork d’ influences anglaises et asiatiques. Il y a d’ ailleurs énormément de restaurants de cuisine étrangère.
Noël à la plage avec un pique-nique sous le soleil restera un souvenir atypique. Je garde en mémoire des paysages époustouflants et des rencontres marquantes. Un moment m’ a bouleversé: après une session de surf dans
Bivouac au bord d’ un lac durant le road- trip à vélo de Breton( Ile du Sud).
la baie de Wellington, j’ ai assisté à une cérémonie maorie en hommage à un surfeur décédé. Ils ont formé un cercle dans l’ eau, puis fait le haka.
J’ ai eu la chance de pouvoir voyager dans ce pays relativement petit. En quelques heures, on peut y découvrir des paysages très différents de forêts, côtiers ou montagneux. La Nouvelle- Zélande étant très peu urbanisée, on se retrouve rapidement au milieu de nulle part. Je me suis pris de passion pour les oiseaux que j’ aimais beaucoup observer. De nombreuses espèces endémiques existent là-bas.
Au-delà des compétences techniques acquises en Nouvelle-Zélande, je retiens une leçon humaine. J’ ai dû aller vers des inconnus pour entamer des échanges. Aujourd’ hui, engager la conversation est plus simple pour moi. Je reviens plus confiant, avec l’ envie de m’ inspirer du management
Passage délicat à vélo entre les montagnes et le lac Benmore( Ile du Sud). …
néo-zélandais. Si la Nouvelle-Zélande n’ était pas si loin, j’ aurais envisagé d’ y vivre quelques années.
ET MAINTENANT? Fini le vélo, je ne vais plus avoir de temps à y consacrer! Installé à Strasbourg, je prépare ma Réception. En Nouvelle- Zélande, je n’ avais pas réfléchi à un futur sujet, mais m’ étais plutôt interrogé sur ma motivation à devenir Compagnon. Je vais avoir besoin de courage pour mener à bien ce projet, mais je me sens prêt car bien entouré et avec un labo adapté à disposition. Je n’ exclus pas de réutiliser certaines recettes découvertes en Nouvelle-Zélande, preuve que cette étape internationale a marqué mon parcours.
Propos recueillis par Marie-Laure Gendron
# 356 / Janvier 2026