Dans ce contexte , le 15 juin 1875 , la Commission syndicale de Grande Brière Mottière propose la réouverture de la douve de la Grée située à 350 mètres en aval de l ’ écluse de Rozé et qui , longue de 1 300 mètres , se réunit par une douve transversale longue de 500 mètres au Petit-Étier . Pour les ingénieurs des Ponts et Chaussées , ré-ouvrir cette douve ne créerait pas d ’ effet de chasse en retour , à moins de creuser ensuite sur 1 800 mètres pour concentrer suffisamment d ’ eau , ce qui est d ’ un coût très élevé . Plus utile serait d ’ établir une communication entre le canal de Trignac et le Petit-Étier de Rozé , et une écluse au point de jonction afin de retenir l ’ eau , et ensuite combiner les chasses à partir des deux écluses . Mais les résultats à attendre paraissent limités : le dépôt en aval de Rozé étant d ’ une nature compacte , ce haut-fond ne peut être supprimé que par un déblaiement à sec 17 . Enfin , le 19 janvier 1876 , les crédits sont débloqués par le ministère des Travaux publics . Le 7 juin 1876 , est faite l ’ adjudication des travaux de l ’ enlèvement du haut-fond , mais , jugeant cette somme insuffisante , aucun entrepreneur ne soumissionne . Or , l ’ urgence des travaux s ’ impose . En octobre 1876 , le sous-préfet signale que le « petit port [ de Rozé ] est envasé », que « la navigation n ’ est plus possible que deux fois par mois , dans les grandes marées », et que les habitants des communes riveraines « se plaignent des souffrances commerciales ». Les 13 octobre et 4 novembre 1876 , les ingénieurs ayant revu leur copie , le coût des travaux est désormais estimé à 30 000 francs . Le ministère des Travaux publics entérine ce projet le 4 janvier 1877 , sans que soit demandée une contribution supplémentaire au syndicat des marais de Donges afin d ’ éviter de nouveaux retards . Mais il faut attendre 1878 pour que les crédits soient disponibles . Le 29 mai 1878 , l ’ adjudication a enfin lieu . Le 2 mai 1879 est rendu le décompte définitif des travaux 18 . Le haut-fond enlevé , le curage est réalisé . Pour assurer l ’ entretien du lit de l ’ étier de Méan , la construction d ’ un bateau herseur est envisagée , mais des problèmes financiers diffèrent son achat qui n ’ intervient qu ’ en juin 1881 . Toutefois , son efficacité est conditionnée par la présence d ’ eau en quantité suffisante lors des marées de vives-eaux dont les effets seraient prolongés par l ’ ouverture des portes de l ’ écluse de Rozé au moment du flot deux ou trois fois par an , afin d ’ obtenir un effet de chasse amplifié , ce qui est demandé au Syndicat des marais de Donges .
Celui-ci , après « bien des négociations », pour ne pas être taxé de mauvaise volonté , y consent . Les résultats obtenus s ’ avérant efficaces , les ingénieurs des Ponts et Chaussées proposent que la continuité des travaux d ’ entretien soit confiée au Syndicat des marais de Donges qui est en possession du matériel nécessaire , et ce contre le versement d ’ une subvention de l ’ État égale au crédit annuel d ’ entretien ( 2 000 francs ). Certes , ces travaux risquent de coûter plus cher que la somme proposée , mais le 25 juillet 1893 , le Syndicat prend ce risque , soucieux qu ’ il est de lutter contre un envasement qui a une incidence sur le niveau des marais de Donges et sans doute également par souci d ’ apaisement . Un accord est passé et le Syndicat s ’ engage à compter du 1 er janvier 1894 et pour une durée de deux ans à effectuer les travaux demandés . Cet accord est ensuite régulièrement renouvelé jusqu ’ en 1912 . Il aura fallu dix-sept ans pour obtenir la suppression du haut-fond . Cette longue durée s ’ explique par ( un temps ) des décisions inappropriées de l ’ ingénieur en chef des Ponts et Chaussées , par des désaccords entre le préfet et les ingénieurs , par les difficultés financières
17 - Ibid ., 1711 S 1 . Dès le 15 juillet 1873 , la Commission syndicale de Grande Brière Mottière avait déjà réclamé le dévasement de la douve de la Grée , fermée depuis huit à dix ans .
18 - Ibid ., 660 S 1 ; ibid . 1904 S 1073 , ainsi que pour le développement qui suit et voir encore ibid ., 1904 S 1088 .
octobre 2023 - Hors-série n ° 16 - HISTOIRE & PATRIMOINE — 127