Gang de Biches Numéro 2 - Novembre/Décembre 2018 | Page 20
20 - PHYSIQUE CHIMIE
Julie, 27 ans
MISE A NU
Une héroïne de dessin animé, une poupée, un
personnage de BD… Se rend-on compte plus jeune,
de l’impact que ces personnages féminins peuvent
avoir sur notre représentation du corps et des
femmes ? Elles peuvent nous inspirer comme nous
faire complexer. Ce mois-ci, cinq biches nous parlent
des images féminines qui les ont marqué dans leur
enfance et les répercussions qu’elles peuvent avoir
sur leur vie aujourd’hui.
Lisa, 28 ans
Je n’étais ni mince, ni grande, ni
bronzée, ni filiforme, donc pas
considérée comme jolie ou attirante.
Chez moi, c’était plutôt 1m60, poignées
d’amour, poitrine généreuse, fesses
molletonnées et peau très blanche !
Ça m’a valu pas mal de surnoms
plus ou moins sympathiques : la
brioche, Flambi… Bref ! Pas simple de
s’assumer et d’avoir confiance en soi.
Et puis, les cours d’Histoire de l’Art
ont commencés, la découverte de
différents mouvements artistiques et
de peintres emblématiques. Un jour,
on étudie Les 3 Grâces de Raphaël et
là... révélation ! Ce tableau représente
3 divinités de la mythologie grecque
imageant chacune la beauté, la
séduction et la créativité humaine.
Des jeunes femmes voluptueuses,
aux courbes affirmées et au teint
blanc
porcelaine
légèrement
rehaussé de rose. Je m’y reconnaissais
presque ! Et là dans ma tête, tout un
questionnement : « Les codes de la
beauté évoluent sans cesse. J’aurais
pu être un canon de beauté dans
une autre époque (Renaissance,
années 50...) alors pourquoi pas
maintenant ? Si la beauté n’est
qu’une question de mode, je préfère
suivre la mienne. » Depuis, à chaque
coup de mou, je replonge dans mes
livres d’Histoire de l’Art, ou encore
mieux, directement au musée !
Les trois grâces (1504),
Raphaël
J’ai la chance d’avoir grandi dans
une famille où mes parents étaient
plutôt ouverts. À faire du mieux qu’ils
pouvaient pour ne pas orienter nos
choix. Comme beaucoup de petites
filles, je jouais à la poupée, aux
Barbie. Mais j’ai aussi joué aux Lego,
Knex, Mecano, Kapla. Même si j’ai
grandi entourée de filles (j’ai deux
sœurs, dont une jumelle), j’étais
aussi bien attirée par les jouets
orientés « fille » que « garçon ». Et
c’était OK pour mes parents ! Ce qui
fait que j’ai grandi avec une image
de la femme peut-être moins biaisée
que d’autres enfants. J’adorais
suivre les aventures des Supers
Nanas, trois filles indépendantes et
courageuses. J’aimais beaucoup lire
la BD Yoko Tsuno qui raconte les
aventures de Yoko, une japonaise
ingénieure qui n'a pas froid aux
yeux. En y repensant, ces auteurs
étaient déjà en avance sur leur
temps de par leur représentation
des femmes !