pas assisté.
Le livre des procès-verbaux de la Grande Loge de Londres et de Westminster ne commence qu’ en novembre 1723. Il ne porte aucune indication qu’ il s’ agirait d’ un « deuxième volume », et l’ on ne dispose donc, pour attester l’ existence d’ une Grande Loge, d’ aucun procès-verbal entre 1717 et 1723. Aucune explication satisfaisante n’ a jamais été apportée à ce fait 3.
En 1721, alors que la Grande Loge est supposée exister depuis quatre ans, lorsque William Stukeley, érudit archéologue anglais, ami de Newton, est initié à Londres, il rapporte dans son Journal qu’« il avait été la première personne à être initiée à Londres depuis de nombreuses années(!) et qu’ il avait été très difficile de trouver un nombre suffisant de personnes pour réaliser la cérémonie » Il ajoute cependant qu’ à partir de cette époque( 1721), « la franc-maçonnerie prit son essor et se développa à un rythme effréné en raison de la folie de ses membres …» Cela ne témoigne guère d’ une grande vitalité de la maçonnerie à Londres, mais Stukeley nous signale bien l’ année 1721 comme un tournant. Or, si quatre loges sont supposées avoir formé la Grande Loge en 1717( Anderson parle de six loges en 1716), deux dans plus tard, quand s’ ouvre le livre des procès-verbaux de la Grande Loge, on recense déjà une cinquantaine de loges. On ignore donc ce qui s’ est passé entre 1717 et 1721 mais on doit sérieusement s’ interroger sur ce qui s’ est passé entre 1721 et 1723: c’ est en fait la question la plus intéressante.
Un lieu aujourd ' hui disparu... et légendaire?
L’ intérêt de la conférence d’ Andrew Prescott est notamment d’ apporter un élément supplémentaire, qui avait d’ ailleurs déjà été exposé par lui lors de la Conférence Sankey de 2016( Searching for the Apple Tree Tavern: What happened in 1716?).
Dans le récit que fait Anderson, en 1738, de la réunion du 24 juin 1717, ce dernier précise en effet, ce que l’ on omet souvent, qu’ une réunion en quelque sorte préparatoire aurait eu lieu l’ année précédente, en 1716, à la taverne du Pommier – Antony Sayer, traditionnellement présenté comme le premier Grand Maître élu en 1717, ayant été luimême membre de la loge qui s’ y réunissait. Or, pour le dire en quelques mots, selon les recherches menées par Prescott, il apparaît simplement qu’ à la date envisagée, soit en 1716, la taverne du Pommier( anciennement connue comme lieu de prostitution!) … n’ existait plus! Du reste, en 1723, Sayer est présenté comme membre d’ une loge se réunissant à la taverne La tête de la Reine( Queen’ s Head), à Knaves Acre. Il faut enfin rappeler quelques faits, également familiers aux visiteurs de William Preston et d’ Elizabeth St Leger: le personnage d’ Antony Sayer est plus qu’ énigmatique. On pense qu’ il fut libraire mais on note surtout que si George Payne, réputé avoir été Grand Maître
3
Je ne reviendrai pas ici les débats pénibles et inutiles survenus en 2003, à l’ occasion de la célébration du 275eme anniversaire de la maçonnerie en France, à propos de la date de 1728 – depuis lors réutilisée à tort et à travers par pratiquement tout le monde …
86