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opportunité compagnons 17 le successeur de Matthieu : Mathieu Hercé-Lemore , La Générosité de Marçon . Une fois par an , nous nous réunissions , notamment pour la prise en main d ’ Aquis @ v , plateforme de validation des compétences . Les référents formation devaient être capables de montrer aux maîtres de métier et de stage comment l ’ utiliser . Nous savions que nous pouvions nous adresser à l ’ IMM en cas de problème . À ce moment-là , j ’ ai compris que le responsable d ’ institut s ’ occupait surtout de formation .
Comment as-tu été amené à devenir responsable de l ’ IMM à ton tour ? Une grosse année avant la fin de sa mission , Mathieu a créé un comité de pilotage de l ’ institut . Il souhaitait être entouré de plusieurs Compagnons pour l ’ aider à prendre des décisions et à orienter ses actions . Ayant déjà en tête sa succession , il désirait que l ’ un de ces Compagnons puisse assurer la continuité des projets qu ’ il avait engagés . J ’ ai souhaité intégrer ce comité sans me projeter dans le poste . Quelques mois après , Mathieu m ’ a cependant contacté en ce but . Ce n ’ était pas dans mes plans et je ne m ’ en sentais pas capable . De plus , j ’ étais bien chez mon employeur de l ’ époque . Mathieu m ’ a laissé quasiment une année de réflexion et j ’ ai fini par postuler en juillet 2017 pour une prise de poste en janvier , motivé par les actions que j ’ avais découvertes lors des rencontres du comité de pilotage , comité qui existe toujours . Laurent Jaud , La Sérénité de Saint- Martin-des-Noyers , qui m ’ a remplacé en avril dernier a convié depuis d ’ autres Compagnons à l ’ y rejoindre .
Dans mon esprit , à ce stade , un RIM s ’ occupait surtout de la formation des apprentis et des itinérants , donc des cours du soir , domaine que je connaissais bien par mon passé de chargé de mission . Je pensais que nous allions les moderniser , tâche qui m ’ enthousiasmait . J ’ ai pris la pleine mesure des projets en cours une fois en fonction et ils se sont avérés bien plus variés que ce à quoi je m ’ attendais . J ’ ai découvert que les instituts de métier s ’ occupaient également de la formation continue et de la formation supérieure , que je ne connaissais guère . Cela recouvrait en outre le travail des plans de formation et de la cartographie dont j ’ ai alors dû apprendre la mécanique . J ’ ai découvert combien mon travail dépendait du Collège des métiers du siège social auquel j ’ étais rattaché ; j ’ ai réalisé au fur et à mesure que j ’ allais travailler beaucoup plus avec ses collaborateurs qu ’ au service du corps de métier et de ses bénévoles , le temps manquant pour cela .
Peux-tu nous décrire tes missions ? Le travail que je nommerais « administratif » me prenait environ 40 % de mon temps : principalement répondre à tous les courriels reçus , participer à toutes les réunions du Collège des métiers ... Une bonne moitié du temps restant était dédiée à la création et la mise à jour de nos programmes de formation - tous les ans une certaine quantité doit être révisée - , à gérer la cartographie qui définit le parcours des jeunes ( de l ’ apprentissage au Tour de France , voire un peu plus loin ) et le catalogue national des formations . Cela comprend également la validation des demandes des délégations régionales de l ’ AOCDTF qui décident de proposer telle ou telle formation localement ainsi que l ’ affectation de l ’ ensemble des jeunes de mon métier dans une formation . Je connaissais ainsi l ’ intégralité de notre effectif de jeunes . De plus , à partir des besoins des délégations régionales , je devais aussi recruter les nouveaux maîtres de stage pour la rentrée , en collaboration avec le corps de métier . Un vrai stress de janvier à juin ! Enfin , faire de la veille et du relationnel - visiter des salons , rencontrer des acteurs de la filière … - représentait environ 20 % de mon temps . Le projet qui m ’ a permis de rester en lien avec toute ma filière est celui de la campagne « Fiers d ’ être maçons » de 2020 à 2023 , pour promouvoir notre métier .
Quels étaient tes interlocuteurs et collaborateurs les plus proches ? Je travaillais surtout avec l ’ équipe des instituts et ses responsables , anciennement Philippe Dresto et Julien Lecarme , Dauphiné la Fraternité , Compagnon charpentier , toujours responsable du service des instituts de métier . En tant que référent de mon métier , j ’ ai aussi beaucoup travaillé avec les responsables régionaux de formation ( RRF ) à qui j ’ apportais mon expertise technique : ceux-ci me faisaient remonter leurs besoins en formateurs ou me posaient des questions d ’ ordre réglementaire sur nos formations ; les RRF et les conseillers en formation m ’ interrogeaient aussi pour créer des formations modulaires ou leur adaptation réclamée par un client . Il me fallait chercher des formateurs spécifiques pour ces formations , les maîtres de stage du site concerné n ’ étant pas forcément disponibles ou compétents sur le thème de la formation . J ’ avais d ’ ailleurs beaucoup de relations avec les formateurs qui me demandaient des supports pour les aider à animer certains cours . J ’ avais créé une bibliothèque de ressources sur un Drive où ils pouvaient trouver des contenus de formation perpétuellement à jour . Je leur apportais également des connaissances lors du séminaire technique annuel des références . En revanche , il n ’ est pas du ressort du responsable d ’ institut de manager les formateurs , cela revient aux RRF .
J ’ ai supervisé pendant un an un chargé de mission qui a effectué la mise à jour des cours des itinérants , leur mise à disposition aux formateurs et le lancement de l ’ APPIE ( apprentissage par immersion en entreprise ), formation qui n ’ a pas perduré par manque de jeunes .
J ’ aurais aimé pouvoir interagir davantage avec les Compagnons maçons bénévoles , en particulier avec les 12 référents formation des cayennes . Dans certaines cayennes , cette gâche n ’ est pas prioritaire . Quand il a fallu mettre à jour les cours du soir , le besoin d ’ échanger avec ces bénévoles s ’ est fait sentir , ce qui a été compliqué parfois par manque d ’ implication de leur part . J ’ avais des réunions également avec le bureau du corps de métier tous les mois ainsi qu ’ une assemblée annuelle avec les maîtres de nos douze cayennes . Lors des affectations de formation des jeunes ( en perf 1 , 2 et 3 , soit la formation des trois premières années de Tour de France ), j ’ étais souvent en relation avec eux .
J ’ avais aussi des échanges avec les jeunes , juste avant l ’ été , pour cette même raison des affectations . Depuis plus de 5 ans , les Compagnons maçons ont acté que tous les itinérants doivent suivre une première année de formation de DEUST Bâtiment et travaux publics . J ’ ai dû souvent faire de la pédagogie auprès d ’ eux pour leur faire comprendre l ’ intérêt de celle-ci . Le parcours prévoit également que tous les itinérants valident un titre professionnel Chef d ' équipe gros œuvre ; l ’ intitulé les effrayant , je devais les rassurer en leur expliquant en quoi cela consistait . Mais ce qui suscitait le plus
# 334 / Novembre 2023