Compagnons_329_web | Page 21

partage compagnons 21 devait réaliser au terme des séances une production exposable : il pouvait s ’ agir d ’ un dispositif , d ’ une maquette ou encore d ’ une œuvre … Cependant , le plus important n ’ était pas tant de fabriquer un objet quelconque que de mener en commun une réflexion sur l ’ aspect du thème choisi . Avec les cinq autres membres de mon groupe , nous avons pris le temps de discuter de la problématique pour laquelle nous avions opté , puis défini ce que nous allions réaliser à partir de là . Les noyers poussant à profusion tout autour de Grenoble , nous avons décidé de transformer les coquilles de noix en un matériau de fabrication utilisable . Celles-ci étant très dures , nous avons dû fabriquer un tamis à la découpeuse laser . Après les avoir broyées , nous avons testé des compositions en les mêlant à d ’ autres matériaux d ’ origine alimentaire ou biosourcés pour créer un bioplastique . Très honnêtement , nous tâtonnions énormément – nous avons même essayé de broyer de la coquille Saint-Jacques ! Nous avons obtenu des textures vraiment variées , allant de moelleuse à très dure . Nous avons fini par obtenir une matière qui répondait à nos attentes . Avec la découpeuse laser , nous avons créé un tamis , puis finalement , avec l ’ assistance d ’ un animateur du fablab , nous avons imprimé un moule de bol en 3D , dessiné par l ’ une d ’ entre nous . Le bol en " céramique de noix " ainsi obtenu n ’ est pas étanche , mais esthétiquement il correspondait à ce que nous espérions . En parallèle , nous avons préparé une documentation sur les étapes de fabrication de notre projet , le but étant de publier celle-ci sur Internet pour un partage universel . Au terme du projet , une exposition à La Casemate comprenant un descriptif de nos démarches nous a permis de présenter au public le résultat de nos efforts .
Si certains étudiants impliqués étaient notés à l ’ occasion de ce projet , la participation reposait sur le volontariat pour les autres : il y a ainsi eu quelques défections . J ’ ai moi-même dû m ’ accrocher , car en raison de mes horaires de travail , j ’ arrivais souvent en retard à la séance et avais donc raté une partie des échanges . J ’ aurais voulu pouvoir en faire plus ! Parfois aussi , on peut ressentir un décalage de point de vue avec les autres étudiants .
Cependant , je retiendrai de cette expérience beaucoup de points positifs : l ’ exposition m ’ a paru très satisfaisante , d ’ une part , et pouvoir échanger avec des jeunes qui n ’ étaient pas Compagnons a été un vrai bol d ’ air , d ’ autre part . J ’ ai été épatée par la créativité de tous !
LORS D ’ UN TEL PROJET , ON S ’ APERÇOIT QUE LA RÉUNION DE QUELQUES PERSONNES PEUT VITE MENER À LA NAISSANCE DE TRÈS BONNES IDÉES
Lors d ’ un tel projet , on s ’ aperçoit que la réunion de quelques personnes peut vite mener à la naissance de très bonnes idées : un potager miniature , des vêtements pour les personnes à mobilité réduite , une dynamo pour produire de l ’ énergie entre autres concepts sortis du Fablab Jam Session … Il me paraît incroyable qu ’ en si peu de temps , on puisse concrétiser autant ! »
FLORIAN MARTIN , ANGEVIN , ASPIRANT PLOMBIER « Lorsque le prévôt nous a présenté le projet du Fablab Jam Session lors d ’ une réunion communautaire en fin d ’ année , j ’ ai tout de suite été partant . Ayant bien avancé dans ma progression , j ’ avais du temps à disposition : j ’ allais avoir la possibilité de rencontrer d ’ autres personnes hors de la maison et aussi pouvoir penser à autre chose qu ’ au travail . Nous étions cinq dans mon groupe : trois itinérants – l ’ un chaudronnier , l ’ autre menuisier et moi –, Valentine , étudiante en master à l ’ ENSAG , et Juliette , en deuxième année de licence Sciences et design à l ’ UGA . Nous nous sommes trouvés réunis notamment par nos passions , notre intérêt commun pour certains sujets de société … Au début , nous souhaitions consacrer nos recherches au changement climatique , mais , dès la semaine suivante , nous nous sommes réorientés vers la question de la gestion de l ’ eau . Nous nous sommes interrogés sur la manière d ’ obtenir de l ’ eau potable sans raccordement à disposition .
Bioplastique transparent et souple ( suspendu pour l ' exposition ).
Sur la suggestion de nos deux camarades étudiantes , nous avons envisagé de créer une maison de taille réduite avec un réseau d ’ eau en proportion . Mais nous avons dû encore remettre en question ce concept à la séance suivante , car la fabrication d ’ une maquette aurait été bien trop exigeante pour le temps que nous avions . En tant que professionnels de métiers dits " manuels ", il nous revenait à nous , Aspirants , de dire ce qui était faisable ou non , nos camarades étudiantes n ’ ayant aucune idée des contraintes de mise en œuvre . Définir une bonne fois pour toutes ce que serait notre réalisation a été un soulagement .
L ’ itinérant menuisier et moi-même avons eu la chance dans ce contexte de bénéficier au fablab d ’ une formation à la découpe laser . Grâce à cette nouvelle connaissance , nous avons pu réaliser un grand panneau en bois que nous avons ensuite gravé : nous y avons montré les cours d ’ eau de l ’ Europe , de la France et enfin du département . Notre but était de faire visualiser au public la consommation de chaque Français , soit plus de 150 litres d ’ eau par jour . Nous avons ainsi fabriqué des bidons de plusieurs contenances à partir de tubes en PVC récupérés par l ’ itinérant chaudronnier dans ses chutes d ’ atelier . Nous avons soudé le plastique de bidons d ’ un litre et de cinq litres à l ’ aide d ’ un pistolet à air chaud . Nous avons en revanche acheté les quatre bidons de 20 litres qui devaient permettre de montrer visuellement 80 litres d ’ eau
# 329 / Mai 2023