métier compagnons 21
UN CHARPENTIER au Canada
Le Blue Lake à proximité du domicile de Champagne .
Simon Bouvet , Champagne , Aspirant charpentier , a eu la chance de partir une année dans le deuxième pays le plus grand du monde : le Canada ! Plus précisément , il a intégré une entreprise de Colombie-Britannique spécialisée dans la construction de chalets en bois . Son séjour lui a permis d ’ allier découverte professionnelle et loisirs en extérieur . Retour sur ces mois épanouissants .
Q uand il a été question de choisir mon étape internationale , j ’ ai décidé d ’ aller au Canada pour deux raisons : premièrement , mon métier y était exercé d ’ une toute autre façon de ce que je connaissais en France , ce qui m ’ attirait beaucoup ; deuxièmement , j ’ avais envie de découvrir sa faune et sa flore incroyables et d ’ expérimenter son climat , lui aussi bien différent de celui de la France . Après avoir obtenu l ’ accord de mon métier , j ’ ai trouvé une entreprise prête à m ’ embaucher grâce à un coterie qui y avait travaillé une année . Quand j ’ ai cité son nom , j ’ ai tout de suite eu une réponse positive .
Mes objectifs pour ce séjour canadien étaient de m ’ initier aux techniques de travail locales ainsi qu ’ aux outils utilisés sur place et à leur conception de l ' habitat , d ’ apprendre l ’ anglais en profondeur , de permettre à d ' autres coteries d ’ obtenir une embauche plus facilement chez mon employeur en développant de bonnes relations avec lui , de voyager à travers la Colombie-Britannique et , enfin , de m ’ essayer à divers sports locaux .
DU TRAVAIL 100 % EN EXTÉRIEUR C ’ est ainsi que j ’ ai posé mes valises au-dessus de Vancouver , à Williams Lake au sud de la Colombie-Britannique , région anglophone du pays , pour une année quasi pleine ( du 30 août 2021 au 1 er août 2022 ). Williams Lake est une petite ville de 10 000 habitants connue pour son concours de rodéo , le « Williams Lake Stampede ». Les autochtones ( Natives ou « première nation ») y vivent nombreux .
Mon patron , Bryan Ried , et son épouse m ’ ont très bien accueilli à mon arrivée . C ’ est le père de celui-ci , Bryan Ried Sr , qui a fondé en 1973 l ’ entreprise Pioneer log homes of BC , spécialisée dans la construction à la main de maisons en rondins . Cette entreprise de 100 salariés , connue grâce à l ' émission de téléréalité « Les Constructeurs de l ' extrême » sur RMC Découverte , possède des bureaux et trois sites de production : Soda Creek site , Williams Lake site et 150 Miles site , mon lieu d ’ affectation . Les travailleurs étrangers engagés par Pioneer étant assez nombreux , l ’ entreprise nous loge dans des appartements qu ’ elle possède , à cinq minutes de notre lieu de travail .
Embauché en tant qu ’ ouvrier spécialisé en charpente de type fuste 1 , j ’ ai travaillé tout le temps en extérieur , été comme hiver . À cette saison , nous arrêtions tout de même l ’ ouvrage quand la température atteignait - 25 ° C . Sur les chantiers , nous nettoyions de leur écorce , à la pelle ou au pied de biche , des rondins de red cedar
et yellow cedar bruts provenant de forêts environnantes , puis nous devions les tailler ( en recourant à la technique du lignage et avec des traits de niveau ) et effectuer leur finition au drawknife ( outil à main traditionnel pour façonner le bois en enlevant les copeaux ) et à la gouge . Ensuite , les rondins sont assemblés à blanc sur site pour être expédiés sur leur zones de construction , partout dans le monde . Toutes les maisons sont montées , puis ajustées sur place pour économiser un maximum de temps au levage . Une grue est placée au centre du site de production pour le levage des rondins , qui peuvent parfois atteindre 4 à 5 tonnes , voire plus … Le rendu des magnifiques chalets une fois terminés me rendait fier du travail accompli . De plus , j ’ ai beaucoup aimé travailler les fustes parce que cela m ’ a permis d ’ apprendre l ’ utilisation des gouges , de la tronçonneuse ainsi que de la plane pour enlever l ’ écorce . Enfin , mon très bon contact avec mes collègues de travail canadiens et danois restera un excellent souvenir .
DES SPORTS D ’ EXTÉRIEUR POUR TOUTES LES SAISONS Parce que le voyage est aussi synonyme de rencontres , j ’ ai eu la chance de faire la connaissance , dès mon arrivée , de deux garçons danois embauchés également pour une année par Pioneer et dont
# 327 / Mars 2023