24 compagnons réussite
« OLYMPIADES DES MÉTIERS » ET COMPAGNONS DU DEVOIR
Une relation fusionnelle
Première partie
Sans les Compagnons du Devoir , le concours n ’ existerait sans doute pas en France , en tous cas pas dans sa forme actuelle . Nombreux sont les Compagnons qui exercent des responsabilités dans le pilotage général du mouvement en France et à l ’ international . Depuis 40 ans , huit Compagnons élus de l ’ AOCDTF ont exercé la fonction de délégué officiel à l ’ international et douze la responsabilité de délégué technique au management opérationnel des concours . Des centaines d ’ Aspirants et de Compagnons confirmés s ’ engagent quotidiennement dans la définition , la gestion et l ’ évaluation des épreuves . Forts de leurs savoir-faire professionnels et de leur ingéniosité acquise sur le Tour de France , ils sécurisent l ’ organisation .
C et incommensurable engagement , on le doit à tous les Premiers conseillers - à commencer par Jean Bernard en 1955 - qui ont porté les « Olympiades » dans l ’ indifférence de nos édiles entre 1955 et 1989 . Le COFOM , Comité français des Olympiades des métiers - renommé depuis WorldSkills France - a été initié par l ’ AOCDTF en 1989 . Cette volonté apparaît normale peut-on dire , pour qui connaît la vocation du compagnonnage retenue par l ’ UNESCO : « Réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier ». C ’ est la même finalité que celle du concours rapportée en 1955 par Lucien Hibert , Parisien la Bonne Volonté : « Le but de ce concours est de donner aux jeunes ouvriers dans leur travail journalier la noble ambition de se surpasser , un esprit d ’ émulation et de joie dans l ’ effort , et également de fomenter et d ’ atteindre le perfectionnement nécessaire pour élever le niveau de vie des générations futures , en affirmant la dignité et la valeur du travail … Nous désirons en faire des échanges au profit de la formation intellectuelle , professionnelle , morale et physique des jeunes ouvriers en vue de défendre leurs droits et leurs très justes aspirations . »
À Birmingham en 1989 , lors de la compétition internationale , le ministre François Doubin , entouré de Jean-Paul Houdusse , Premier conseiller , et de Roland Dutertre , délégué technique .
Quelle majestueuse définition ! Noble ambition , émulation , joie , élévation du niveau de vie , dignité du travail , défense des droits , justes aspirations ... Nous sommes dans les notions de dépassement de soi , de démarche intellectuelle associée au métier , d ’ échanges culturels entre jeunes . Nous sommes dans le registre de la finalité humaine du compagnonnage ! Faire vivre les « Olympiades » : un devoir Ainsi s ’ explique l ’ engagement historique des Compagnons dans le mouvement de l ’« olympisme » des métiers . Mais pas seulement . C ’ est par défaut qu ’ ils sont allés en 1955 à Madrid , parce que l ’ État français n ’ avait pas su vaincre des résistances internes . C ’ est par la volonté persistante du Premier conseiller , André Delibes , et d ’ Alain Gaudré , alors secrétaire général , qu ’ a été constitué un comité de soutien en 1989 . Depuis , les Compagnons considèrent comme leur devoir de porter la véritable cause des « Olympiades », comme la création du code
# 326 / Février 2023