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24 compagnons expérience
Activité matinale à la ferme , le nettoyage des pâturages .
à employer pour réchampir , mais cela s ’ est avéré bien plus efficace : la brosse à radiateur est tellement épaisse qu ’ elle absorbe beaucoup de peinture , ce qui est très pratique et donc , au bout du compte , plus rapide . À Munich , les intérieurs sont peints tout en blanc , il n ’ y a donc pas vraiment de travail sur le réchampis comme en France . En revanche , les plafonds sont souvent à trois mètres de haut avec des moulures , j ’ ai donc été confrontée à quelques difficultés .
Le premier chantier que j ’ ai fait consistait en des encadrements de couleur autour de fenêtres : afin de les rénover , il m ’ a fallu tout dessiner au préalable avec un niveau et un scotch . J ’ ai fait preuve d ’ autonomie et , entre collègues , nous avons beaucoup échangé nos techniques : je leur ai ainsi montré la brosse à filets pour effectuer les retouches et gagner en précision . J ’ ai également été mobilisée sur un chantier dans une école d ’ architecture dont il fallait peindre les fenêtres ( après les avoir poncées deux fois , les avoir enduites et avoir appliqué deux couches de patine ). Il m ’ a paru difficile , car il s ’ est révélé très long , notamment parce que j ’ y travaillais seule . Je suis cependant très contente de l ’ avoir fait , parce que la direction m ’ a accordé toute sa confiance alors même que c ’ était une première pour moi . J ’ ai aussi réalisé la peinture de nombreuses façades ( et cela en plein hiver !). À cette période de l ’ année , mes collègues et moi travaillions de 7 h à 16 h , avec le vendredi après-midi de libre et l ’ été , pour rattraper , nous avions des heures supplémentaires à effectuer . Je me suis vite faite à ce mode de fonctionnement .
Ce que j ’ ai beaucoup aimé chez Sartori & Fuhrmann , c ’ est son ambiance familiale . Les Allemands sont très à l ’ écoute les uns des autres : mes collègues par exemple se souciaient toujours de mon bien-être . J ’ ai eu cette impression ici bien plus qu ’ en France . J ’ ai développé mes capacités organisationnelles ( en équipe et seule ) et j ’ ai gagné en confiance , alors que je l ’ avais énormément perdu lors de ma précédente expérience professionnelle . Ici , je n ’ ai reçu que des critiques constructives .
LES ALLEMANDS SONT TRÈS À L ’ ÉCOUTE LES UNS DES AUTRES : MES COLLÈGUES PAR EXEMPLE SE SOUCIAIENT TOUJOURS DE MON BIEN-ÊTRE .
UNE EXPÉRIENCE EN WOOFING MARQUANTE Je me suis beaucoup plu à Munich , ville verdoyante avec l ’ un des parcs les plus vastes du monde ( la superficie de l ' Englischer Garten est plus importante que celle de Central Park à New York !). Ses habitants sont bienveillants , organisés et très respectueux des règles , ce que je trouve plutôt reposant au quotidien . Il y a de nombreux endroits de convivialité avec une ambiance très typique . Si j ’ ai visité quelques musées et l ’ emblématique château de Neuschwanstein , mon désir était de rencontrer un maximum de monde : j ’ ai ainsi fait la connaissance de beaucoup de jeunes allemands et français là-bas . J ’ ai aussi retrouvé , au cours de l ’ hiver , des itinérants avec qui je suis partie faire du ski quelques week-ends . Lors du grand rassemblement annuel des itinérants faisant étape en Allemagne , j ’ ai pu passer du temps avec des sédentaires venus à Stuttgart pour l ’ occasion .
Mon contrat terminé fin février 2022 , j ’ ai fait du woofing les trois mois suivants dans deux fermes , l ’ une à 1 h de Munich et l ’ autre à environ 20 minutes d ’ Hambourg , accueillant toutes deux des chevaux . Cela faisait longtemps que je comptais essayer ce système qui permet d ’ obtenir le gîte et le couvert au sein d ' une ferme biologique en échange d ’ heures de travail . À l ’ origine , j ’ espérais même aller en Amérique latine afin de me confronter à des conditions de vie moins faciles qu ’ en Europe , mais le Covid-19 m ’ avait fait renoncer à cette expédition . Ces opportunités m ’ ont permis de remonter à cheval après six ans d ’ arrêt de l ’ équitation . J ’ ai entretenu les deux domaines en faisant du jardinage et le bricolage nécessaire , confectionné les repas de temps à autres et me suis surtout occupée des animaux . J ’ ai même été amenée à faire de la peinture dans chacune de ces fermes …
Ces deux expériences ont été formidables , mais mes souvenirs les plus agréables sont liés à mon séjour à la ferme située à 1 h de Munich . Chez Véro , une Suisse installée en Allemagne depuis 25 ans , j ’ ai appris à communiquer de façon corporelle avec les chevaux . À son contact , j ’ ai découvert une manière de vivre plus saine , en mangeant de la nourriture bio , locale , en diminuant ma consommation de viande et en augmentant celle de légumes . Je me suis sentie en bien meilleure santé . J ’ ai aimé aider les gens chez qui je vivais et les rendre heureux . J ’ ai appris d ’ eux ( c ’ est là que mon niveau d ’ allemand s ’ est le plus amélioré ) et j ’ ai essayé de leur apprendre à mon tour certaines choses qui me sont propres , comme nous le faisons lors des week-ends intermétiers . J ’ ai eu un vrai pincement au cœur au moment de partir . À Tours actuellement , je prépare mon travail de Réception , pour lequel j ’ avais déjà des idées avant mon départ hors frontières . Ces mois en Allemagne m ’ ont permis d ’ approfondir mes connaissances de base . Je me suis sentie à ma place dans ce beau pays . Tellement à ma place , que j ’ ai même prévu d ’ y retourner tous les ans pour préserver ma maîtrise de sa langue .
Texte basé sur une interview réalisée en juin dernier par Johanna Mazzerbo du service International de l ’ AOCDTF pour sa newsletter .
# 323 / Novembre 2022