expérience compagnons 23
UNE ALLEMAGNE autre qu ’ imaginée
Emmanuelle Saulnier , Rochelaise , Aspirante peintre , a fait étape de septembre 2021 à cet été 2022 en Allemagne , pays qui initialement la rebutait . Contre toute attente , elle y a trouvé des collègues attentifs qui lui ont enseigné de nouvelles techniques dans une ambiance chaleureuse et y a rencontré beaucoup de jeunes dans un environnement convivial et dépaysant . C ’ est finalement un vrai coup de cœur qu ’ a eu Rochelaise pour ce pays ! Récit de ces mois d ’ épanouissement .
L ors de mon Tour de France , je n ’ ai choisi que des villes qui a priori ne me plaisaient pas ( La Rochelle , Paris et Salon-de-Provence ) afin de sortir un maximum de ma zone de confort et de pouvoir casser mes préjugés à leur propos . Ainsi , je n ’ avais pas une très bonne image de l ’ Allemagne avant mon départ , car tout ce que j ’ avais retenu à son propos était en lien avec la Seconde Guerre mondiale . En outre , j ’ ai eu beaucoup de mal à y trouver un emploi malgré les nombreux courriels envoyés en anglais , puis en allemand . J ’ ai pris contact avec le prévôt dès avril , mais il était alors trop tôt pour chercher une entreprise . J ’ ai cependant créé , avec son concours , un CV et un portfolio qu ’ Hambourgeoise Fritz , itinérante pâtissière , m ’ a aidé à traduire en allemand . J ’ espérais alors décrocher une embauche dans une entreprise spécialisée dans la décoration , pour me perfectionner dans les enduits décoratifs et la dorure ; j ’ en ai finalement trouvé une lorsque j ’ ai passé mon BP en juin , juste avant d ’ arriver dans le pays . Une fois sur place j ’ ai dû me soumettre à un entretien pour intégrer la société Sartori & Fuhrmann implantée à Munich , capitale de la Bavière , dans le sud-est du pays . J ’ étais la première itinérante à rejoindre la cinquantaine de salariés ( en comptant le personnel administratif ) qui travaillent dans cette société plus que centenaire .
La salle à manger-salon de la ferme après remise à neuf : de belles couleurs chaleureuses et naturelles remplacent moisissures et traces de suie .
UN ÉCHANGE DE TECHNIQUES Bien qu ’ ayant effectué en juillet le stage de langue d ’ un mois prévu par le programme Erasmus , j ’ ai constaté , quand j ’ ai commencé à travailler en entreprise en août 2021 , qu ’ il me manquait pas mal de mots de vocabulaire relatifs à mon métier , sachant d ’ ailleurs qu ’ en Allemagne , il existe bon nombre de dialectes : rien que le verbe « peindre » se dit de plusieurs manières ! J ’ ai fait beaucoup d ’ efforts pour apprendre cette langue , qui pourtant à l ’ origine me déplaisait ( et en partant de zéro , puisque je n ’ avais pas eu de cours d ’ allemand à l ’ école !), parce que je tenais à m ’ intégrer au maximum et à tisser des liens avec les habitants .
Alors que j ’ étais imprégnée d ’ idées préconçues sur la culture du pays , je n ’ en avais aucun quant au travail en Allemagne . J ’ ai été pourtant très surprise par leurs méthodes , assez différentes des techniques que j ’ ai pu utiliser en France ; par exemple au sein de mon entreprise , ils ne travaillent qu ’ avec des brosses à radiateur coudées . Au départ , cette méthode me paraissait plus compliquée
# 323 / Novembre 2022