20 compagnons réflexion
Installation des futurs panneaux photovoltaïques sur le centre de formation actuellement en construction , situé route des Romains à Strasbourg .
FACE AU DÉFI de l ’ énergie
© NUNC .
Suite au rebond de production consécutif aux confinements des pays industriels , les coûts de l ’ énergie ont connu une envolée spectaculaire , impactant durement les particuliers comme les entreprises . L ’ AOCDTF avec ses 331 sites ( hébergement , ateliers et bureaux compris ) et ses 12 500 usagers doit faire face à la situation à court terme , tout en planifiant des travaux à long terme . Nicolas Henry , Bordelais la Loyauté le Soutien de ses Frères , responsable énergétique national au service Patrimoine de l ’ AOCDTF , expose les enjeux de ces nouveaux défis et leurs solutions .
L es deux principales énergies consommées par l ’ Association ouvrière sont l ’ électricité et le gaz . Elle a recours à la première pour l ’ éclairage , les ordinateurs de ses services administratifs , la climatisation et le chauffage de ses sites , leurs cuisines aux équipements gourmands , ainsi que les ateliers . Les parcs machine de ceux-ci occasionnent une très grande consommation en énergie . Les maisons n ’ étant pas équipées de sous-compteurs pour déterminer la répartition de la consommation d ’ électricité , ce sont les factures d ’ achat - notamment en 2019 - de nouvelles machines numériques ( plasma , plieuses , commandes laser , etc .) qui ont dévoilé leur impact en termes de consommation . Grâce à la transition numérique - et les référentiels de formation - obligeant nos CFA à remplacer au fur et à mesure leurs outils manuels par des machines modernes , on peut anticiper ces prochaines années un bond de la consommation de l ’ AOCDTF . Pour des questions de coût ou de performance métier , le critère de consommation d ’ une nouvelle machine peut difficilement être pris en compte lors de son achat .
Nos maisons consomment aussi du gaz pour le chauffage , les équipements des cuisines ( congélateurs , fours …) ainsi que pour la production d ’ eau chaude sanitaire . Certaines petites campagnes de construction ancienne sont chauffées au fioul . Si ce poste de dépense reste anecdotique financièrement , nous allons être obligés de procéder à des arbitrages sous peu . Effectivement , depuis 2022 , il est interdit de remplacer une chaudière à fioul par un modèle similaire . Il faudra se diriger vers des appareils utilisant d ’ autres énergies , comme les pompes à chaleur ( au rendement limité par temps froid !) ou les poêles à granulés .
AFIN DE DÉTERMINER UN PLAN D ’ ACTION DE RÉNOVATION , DES AUDITS CONCERNANT NOTRE CONSOMMATION VONT ÊTRE INITIÉS .
Seuls trois à quatre sites de l ’ association - dont la maison de Nîmes pour le chauffage de l ’ eau sanitaire - sont équipés de panneaux solaires . Grâce aux subventions de la Région Alsace , notre futur centre de formation de Strasbourg possèdera sur son toit 109 panneaux photovoltaïques qui assureront 100 % de la consommation du bâtiment et qui permettront de stocker l ’ électricité obtenue , puis de revendre le surplus . L ’ efficacité de ce dispositif sera évaluée et celui-ci sera déployé si le résultat est concluant .
L ’ éolien n ’ est pas pertinent pour nos maisons , car il ne produit pas assez et seulement par intermittence .
Quant au bois en tant qu ’ énergie , il fait émerger de nouvelles problématiques . Il a été question de brûler les déchets de bois des ateliers de nos futurs sites à Strasbourg et à Bordeaux pour le chauffage des lieux , mais quid des bois traités ne pouvant être brûlés et de l ’ alimentation du système quand l ’ atelier est inutilisé ? Quand cela est possible , le recours à une chaufferie collective urbaine gérée par une municipalité a de l ’ avenir de par ses nombreux atouts . En brûlant les déchets des habitants , elle leur fournit de l ’ énergie locale , non soumise à des variations et souvent à un coût bien plus compétitif que ceux du marché , sans compter une maintenance moindre . De plus , il s ’ agit d ’ un réel gain de place dans nos locaux . Aujourd ’ hui , plusieurs de nos maisons fonctionnent ainsi : Paris , Nantes , Strasbourg , La Rochelle , Nîmes et bientôt Troyes .
DES TRAVAUX IMPOSÉS À COURTE ÉCHÉANCE Aujourd ’ hui , toutes nos maisons n ’ ont pas de dispositif de régulation pour encadrer leur consommation et pour celles qui en ont , pas la possibilité de commander à distance leurs systèmes énergétiques , ceux-ci étant pour la plupart trop anciens . Pourtant , les systèmes de régulation modernes ont de vrais atouts en permettant la modulation du chauffage , notamment selon la période de la journée : un degré en moins dans un bâtiment représente 7 % d ’ économie sur la facture reçue ! La sobriété énergétique passera à l ’ avenir par la domotique , permettant d ’ anticiper les besoins et de piloter des équipements à distance , ainsi que par l ’ intelligence artificielle qui adaptera le comportement des équipements aux habitudes de consommation des usagers .
# 317 / Avril 2022