opportunité compagnons 11 recouverts de tissu écru , pour finir par ceux recouverts du tissu vert . La pose de la tenture demande de la concentration , de la dextérité et surtout de la patience ! Car recouvrir des murs sur lesquels se trouvent des éléments comme la goulotte électrique , les tuyaux de chaufferie , les fenêtres et autres portes n ’ est pas chose aisée ! Mais c ’ est dans la bonne humeur et le plaisir d ’ apprendre que nous partageons cette nouvelle expérience .
Au troisième jour , tous les murs sont recouverts , nous commençons alors les travaux de finition : corriger quelques angles , sortir les éléments cachés ( souvenez-vous des prises et des interrupteurs !), reposer le radiateur et l ’ étagère , puis faire quelques retouches de peinture sur les plinthes . Nous amorçons même un début de rangement du chantier quand arrive une nouvelle demande ! Il faut finalement recouvrir le mur de la porte d ’ entrée ainsi que le poteau !
C ’ est reparti : pose de baguettes , molleton , appointage … Mais il se fait tard , nous continuerons cela demain .
Quatrième jour , la fin du chantier se fait proche , il ne reste plus qu ’ à poser le tissu sur l ’ encadrement de la porte d ’ entrée et le poteau . Un groupe se charge de cela pendant qu ’ un autre attaque les dessins techniques . Le rangement s ’ accélère , notre travail commence à être bien visible et il faut avouer que c ’ est plutôt satisfaisant ! Ce stage fut intense mais très intéressant . Si certaines d ’ entre nous avaient déjà posé de la tenture , il n ’ empêche que chaque artisan a ses propres techniques et astuces : ainsi , nous avons toutes appris , et ce , grâce à Landais , très pédagogue et bienveillant .
Charlotte Causse
Stagiaire tapissier
1 - Groupe de metal allemand .
Démontage de l ' étagère et du radiateur avant la pose des baguettes , du molleton et du tissu . Ils seront remontés au même endroit .
Vue sur le chantier terminé avec du tissu vert tendu sur le mur en finition invisible .
Témoignage
Xavier Etcheverry , Landais la Persévérance , Compagnon tapissier
« Outre bien évidemment un intérêt esthétique , la tenture murale présente l ’ avantage de contribuer au confort thermique ( on gagne jusqu ’ à 2 degrés grâce à l ’ ajout d ’ un molleton sous le tissu !) et acoustique d ’ une pièce . Les clients viennent dans un premier temps aux tentures murales pour l ’ esthétique , puis – une fois connaisseurs – les plébiscitent pour le bien-être qu ’ elles procurent au quotidien . En milieu urbain , dans les régions du nord de la France , il y a une réelle demande avec un important potentiel de chantiers . Je constate même au niveau de mon activité un retour à la mode .
La clientèle est surtout constituée de personnes aisées : cette technique revient effectivement cher en raison de la main-d ’ œuvre spécialisée et des matériaux employés onéreux qu ’ elle requiert , l ’ agencement des lieux pouvant augmenter encore le coût ( alcôves , hauteur de plafonds , etc .). Tous les tissus peuvent être utilisés : toile de coton , soie sauvage , tissus techniques anti-moisissures , anti-taches , anti-feu , etc . ( répondant à des normes très précises ). J ’ aime particulièrement poser des tentures murales , parce que cela me permet de rencontrer mes clients à leur domicile ; je trouve très gratifiant de répondre à leur demande .
Ce stage d ’ envergure nationale était une initiation à la tenture murale : seules les jeunes tapissières ayant déjà une expérience de celle-ci en entreprise pourront s ’ attaquer dès maintenant à des chantiers . Les autres devront se former davantage avant de s ’ y confronter . De plus , j ’ ai bien prévenu les participantes : j ’ estime ne pas transmettre une vérité sur
cette technique , seulement mon point de vue sur celle-ci . Un prochain patron peut s ’ y prendre autrement , le tissu sera peut-être différent de celui du stage ( pour lequel j ’ avais choisi un tissu économique ) et tout cela peut avoir un impact .
Si c ’ était la première fois que j ’ animais ce stage chez les Compagnons , je l ’ avais déjà fait pour des jeunes en bac pro hors AOCDTF . Je me suis montré à l ’ écoute des jeunes , mais il m ’ a fallu être directif vu le nombre de participantes . J ’ ai créé des groupes et ai réparti le travail entre elles . L ’ organisation devait être optimale , puisque nous n ’ avions que quatre jours pour finaliser le chantier : il fallait , d ’ une part , garder en tête sa finalité et , d ’ autre part , favoriser un maximum l ’ apprentissage des tapissières . Je me suis appuyé sur celles qui avaient déjà effectué un peu de pose pour qu ’ elles encadrent les novices .
Les filles ont vraiment joué le jeu . Étant dans l ’ ensemble très satisfait , j ’ ai demandé à la responsable régionale de formation à refaire ce stage par la suite : une seconde édition sur le même thème aura donc lieu en 2022 . J ’ ai en tête maintenant de transmettre ce que j ’ ai “ dans les mains ” et mon état d ’ esprit aux jeunes : tout ce que je sais à ce stade de ma vie professionnelle , je dois leur donner . J ’ aimerais notamment enseigner aux jeunes tapissiers le plissé soleil , technique utilisée pour les plafonds . J ’ ai été heureux de partager cette semaine avec ces dix jeunes intéressées et intéressantes , vraiment motivées , dans une ambiance studieuse et détendue . »
# 310 / Septembre 2021