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Le jardin botanique de Vauville propose aux visiteurs de voyager , en découvrant plusieurs variétés majoritairement à feuillage persistant , ligneux ou herbacé , venant de plusieurs pays de l ’ hémisphère austral .
© Jardin botanique de Vauville .
grosse entreprise privée spécialisée dans l ’ entretien des jardins de propriétés de gens très aisés . Suite à cela , j ’ ai fait étape à Cagnes-sur-Mer où j ’ ai travaillé dans un jardin botanique privé , celui de Saint- Jacques du Couloubrier , qui possède une collection botanique d ’ envergure à Grasse . Cette expérience épanouissante m ’ a conforté dans l ’ idée que je voulais travailler pour de bon dans un jardin botanique .
La botanique implique une connaissance poussée des capacités d ’ adaptation des végétaux à leur environnement . Elle nous enseigne où ils poussent et pourquoi , quelles sont leurs spécificités et comment l ’ environnement a joué sur eux . Il s ’ agit aussi de savoir classer les végétaux , reconnaître leur morphologie et les " planter mieux " ( titre d ’ une de mes matières préférées de la formation en botanique ).
Cette spécialisation m ’ a donné davantage de crédibilité lors de mon embauche par mon employeur actuel . Depuis ma sédentarisation en avril 2019 , je travaille au jardin botanique de Vauville situé dans la commune de La Hague , dans le nordouest du Cotentin en Normandie . Dans ce jardin ouvert au public , on essaie de montrer une partie de la diversité végétale que l ' on peut trouver dans le monde , et plus particulièrement chez les persistants de l ’ hémisphère austral . Le domaine appartient à une famille depuis plusieurs générations : Éric Pellerin a effectué les premières plantations en 1948 , son fils Guillaume , architecte paysager , a par la suite structuré le jardin . Il avait une préférence pour les persistants qui rendent le jardin attirant la majeure partie de l ’ année . Comme il aimait beaucoup voyager , il a ramené un grand nombre de végétaux de l ’ étranger . Il appréciait énormément l ’ esthétique asiatique qui se retrouve aujourd ’ hui dans le parc , notamment au travers de statues .
LA BOTANIQUE IMPLIQUE UNE CONNAISSANCE POUSSÉE DES CAPACITÉS D ’ ADAPTATION DES VÉGÉTAUX À LEUR ENVIRONNEMENT . ELLE NOUS ENSEIGNE OÙ ILS POUSSENT ET POURQUOI , QUELLES SONT LEURS SPÉCIFICITÉS ET COMMENT L ’ ENVIRONNEMENT A JOUÉ SUR EUX .
J ’ entretiens de manière classique le jardin botanique ( tonte , débroussaillage et désherbage ) et , de façon plus spécifique , je prends soin et je développe des espèces végétales très rares . En outre , je suis en contact avec les visiteurs d ’ avril à octobre , j ’ anime des visites guidées durant lesquelles je mets en avant les méthodes alternatives d ’ entretien . Cela me plaît d ’ échanger avec le public qui me pose beaucoup de questions et me demande des conseils .
UN ENVIRONNEMENT EN PLEINE MUTATION Lorsque l ' on souhaite introduire un végétal dans un jardin , il faut s ’ assurer que le milieu dont il est originaire soit compatible avec le milieu dans lequel on désire l ’ implanter ( par exemple la température qu ’ il supporte ). C ’ est une contrainte réelle dont il faut absolument tenir compte . Les serres offrent un milieu artificiel aux végétaux compatible avec leurs besoins . Mais il faut savoir que des années sont nécessaires à une plante pour qu ’ elle puisse s ’ adapter à un milieu naturel . Le problème actuel posé par le réchauffement climatique est que le changement de température va à une vitesse à laquelle ne peuvent s ’ ajuster les végétaux . Certaines espèces faunistiques ou floristiques y parviendront peut-être , mais il est indubitable que nous connaîtrons une perte sans précédent d ’ espèces dans les 100 prochaines années .
Par le passé , on avait de fortes précipitations en été qui venaient réguler les températures . Or , les cinq derniers étés ont été particulièrement chauds , ce qui a été terrible pour les végétaux . Pour l ’ anecdote , auparavant quand on se déplaçait à la campagne en voiture , le parebrise était criblé d ’ insectes . Actuellement , j ’ ai l ’ impression que ce n ’ est plus du tout le cas . La diversité des insectes apporte pourtant beaucoup au jardin : chacun a sa place . Si l ' on manque de prédateurs par exemple , on constatera sans doute la multiplication d ’ espèces nuisibles et un déséquilibre se créera .
# 302 / Décembre 2020