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LA MOBILITÉ LONGUE DES APPRENTIS EST DEVENUE L ’ UNE DES CONDITIONS NÉCESSAIRES À L ’ ATTRACTIVITÉ ET À LA RECONNAISSANCE DE L ’ APPRENTISSAGE .
À ce sujet , il pourrait être judicieux que les entreprises embauchant en CDI un apprenti achevant sa formation en 2020 puissent bénéficier d ’ exonérations de charges sociales pendant les deux premières années . Notre association promeut cette idée auprès du ministère du Travail .
MOBILITÉ INTERNATIONALE DES APPRENTIS : DES PROGRÈS RESTENT À FAIRE
À ce jour , 980 jeunes ont effectué une mobilité de trois semaines à l ’ étranger entre 2019 et 2020 dans le cadre de leur contrat d ’ apprentissage . Par ailleurs , sur la même période , environ 600 jeunes sont à l ’ international dans le cadre d ’ une étape de leur Tour de France . Pendant la crise du coronavirus , nous leur avons conseillé de rentrer en France et un jeune sur deux a pris cette décision .
Développer la mobilité longue des apprentis à l ’ étranger reste également un objectif majeur de notre association . Cette mobilité ( tout comme celle des jeunes en contrat de professionnalisation ) a été facilitée par la loi du 5 septembre 2018 . Le cadre est devenu plus clair et les responsabilités des employeurs ont été établies de manière beaucoup plus rationnelle qu ’ auparavant .
Toutefois , un obstacle important demeure : l ’ absence de reconnaissance au niveau européen des périodes de formation à l ’ étranger pour l ’ obtention du diplôme professionnel visé dans le pays d ’ origine . Cette reconnaissance a été rendue possible pour les étudiants par l ’ harmonisation des diplômes de l ’ enseignement supérieur à l ’ échelle européenne : chaque unité d ’ enseignement ( UE ) validée en fin de semestre permet en effet l ’ attribution de crédits ECTS ( European Credits Transfer System ) qui sont capitalisables , compensables et transférables dans toutes les universités européennes .
Mais cette reconnaissance n ’ est pas possible pour les diplômes de la formation professionnelle , leur harmonisation à l ’ échelle européenne n ’ étant toujours pas réalisée à ce jour . Ainsi , pour les apprentis , une période de formation d ’ un semestre ou d ’ une année dispensée à l ’ étranger équivaut en quelque sorte à une période de césure , certes propice à un enrichissement personnel , professionnel et culturel , mais sans reconnaissance pour l ’ obtention de la certification visée , avec pour effet un allongement de la durée du parcours de formation .
Dans le cadre de cette harmonisation qui reste à conquérir , il conviendrait que les CFA disposent d ’ une autonomie équivalente à celle des universités et autres établissements d ’ enseignement supérieur accrédités par l ’ État ; cette autonomie étant alors encadrée par une évaluation de la qualité de l ’ enseignement et des modalités de validation des diplômes . L ’ enjeu de cette autonomisation est double : responsabiliser les CFA quant à la qualité de la formation dispensée , y compris pendant les mobilités de leurs apprentis à l ’ étranger , tout en leur donnant la souplesse et l ’ agilité nécessaires pour évaluer , valider et reconnaître les compétences des apprentis en prenant en compte la dimension internationale de leur parcours .
Pour atteindre ces objectifs , l ’ association « Euro App Mobility » a été créée récemment à l ’ initiative de Jean Arthuis . Elle a pour mission de promouvoir la mobilité internationale dans la formation professionnelle et agira pour que les accords nécessaires en matière d ’ harmonisation des diplômes puissent être conclus au niveau européen . L ’ AOCDTF a tout naturellement intégré cette association et y jouera un rôle très actif car , dans le monde d ’ aujourd ’ hui , la mobilité longue des apprentis est devenue l ’ une des conditions nécessaires à l ’ attractivité et à la reconnaissance de l ’ apprentissage .
Les mesures mises en place doivent nous permettre de favoriser le voyage de nos jeunes afin qu ’ ils puissent s ’ enrichir culturellement et professionnellement , ce qui est bien dans l ’ ADN des Compagnons du Devoir . L ’ association des DRH a récemment fait une étude montrant que les diplômes ne sont plus le seul critère pour trouver un emploi : les expériences à l ’ international , qui sont recherchées par les jeunes , seront donc un atout supplémentaire pour leur devenir .
Jean-Claude Bellanger Manceau la Persévérance
Secrétaire général
© Thierry Caron / Divergence images .
# 301 / Novembre 2020