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UN MÉTIER fusionnel

Depuis 2003 , le métier de fondeur est entré en compagnonnage . Le corps de métier , tout jeune encore , comprend aujourd ’ hui deux apprentis en formation initiale , un stagiaire , quatre Aspirants et deux Compagnons . Armelle Chiari , dite Dauphiné , de son coup de cœur pour la fonderie à son récent travail de Réception , jusqu ’ à sa présente gâche de chargée de mission pour les fondeurs , nous relate son parcours .

E xercer un métier manuel a toujours été une évidence pour moi , j ’ ai grandi dans le chantier d ’ autoconstruction de mes parents . Ma famille m ’ a toujours soutenue quel que soit le métier choisi . Après quatre ans de couture en BEP , puis en bac pro , j ’ ai eu envie d ’ un peu plus de confrontation avec la matière , ce qui m ’ a fait passer un CAP Ferronnerie au lycée Georges Guynemer à Uzès ( 30 ).

UN VRAI COUP DE FOUDRE J ’ ai souhaité ensuite continuer ma formation dans une autre école de ferronnerie , mais n ’ ayant pas été prise , j ’ ai alors décidé de préparer un CAP Monture bronze , dans le même lycée . Cette formation porte sur les métaux cuivreux ( laiton , bronze …) et un tout petit peu sur la fonderie . On y développe des compétences permettant de faire des luminaires , des photophores , etc . En 2015 , dans ce cadre , j ’ avais un stage à effectuer . Ma mère m ’ a alors parlé de la fonderie d ’ art Barthélémy située dans ma région natale . J ’ y ai passé un mois et je suis tombée amoureuse de ce métier ! La découverte de la fonderie m ’ a détournée totalement de la ferronnerie . J ’ aime le fait de travailler divers matériaux exigeant chacun des compétences particulières . Devoir toujours apprendre satisfait ma curiosité naturelle .
Durant mon cursus en ferronnerie , j ’ avais déjà en tête les Compagnons du Devoir qui , à ma connaissance , formaient des artisans de qualité . Je m ’ y suis donc inscrite à 18 ans pour un Tour de France
Dauphiné , en pleine découpe de l ' équerre en plis cramés avec son parrain , Cédric le Rochelais .
en ferronnerie . Mais à l ’ époque , je n ’ ai pas donné suite car , sans doute , ma passion pour la ferronnerie ne suffisait pas . Je n ' étais pas prête à l ’ investissement de temps et d ’ énergie que cela induisait . Ayant souvent été en internat , la vie en communauté ne me rebutait pas , mais l ’ idée de m ’ éloigner de mes proches oui ! Au lieu des Compagnons , j ’ ai donc rejoint une formation privée de fonderie d ’ art à l ’ Atelier 960 °. Laurent Inquimbert et Bruno Cuffini , les formateurs de l ’ atelier , tous deux fondeurs , sont à l ’ origine de l ’ intégration de leur métier chez les Compagnons . Quand ils m ’ ont dit que l ’ Association ouvrière proposait de s ’ y perfectionner , j ’ ai décidé de me lancer !
J ’ avais mûri et l ’ éloignement n ’ était plus un frein , j ’ avais envie de m ’ investir dans ce métier . Devenir autonome en étant salariée était un plus à mes yeux . Ayant appris qu ’ il y avait deux fondeurs sur le Tour , Florie Carrer et Steven Jeandonnet , je les ai contactés . Même si Florie était au Vietnam et Steven aux USA , ils ont pris le temps de m ’ expliquer comment cela se passait chez les Compagnons du Devoir . Après m ’ être inscrite à l ’ occasion des journées portes ouvertes , j ’ ai débuté mon Tour de France en septembre 2016 .
LE MAÎTRE MOT : SE FORMER Comme le corps de métier faisait ses premiers pas à l ’ AOCDTF , ses jeunes devaient
# 301 / Novembre 2020